Nicolas Sarkozy mène une politique américaine par procuration

Collaboration :: Lundi, 15 septembre 2008 . 20:38 t.u. ::   Envoyer   Imprimer
Nicolas Sarkozy mène une politique américaine par procuration

La sénatrice française Halima Boumediène, connue pour son combat pro-palestinien, a été interrogée à Paris par Nidal Hamadé, correspondant de plusieurs journaux et revues libanais proches de l’opposition, et du journal jordanien ad-Dustour .

Dans son interview, Halima Boumediène revient sur la surprise créée par l’ouverture de Nicolas Sarkozy sur la Syrie, après la rupture des relations entre Damas et Paris, sous la présidence de Jacques Chirac. Boumediène explique les raisons de cette ouverture sur la Syrie : « Officiellement, l’évolution au Liban a permis à la France et reprendre ses contacts avec la Syrie. Paris estime que Damas a rempli ses engagements. Mais en réalité, d’autres facteurs ont dicté le changement prôné par Sarkozy. En effet, les véritables raisons qui justifient ce rapprochement résident dans l’impasse vécue par les Américains en Irak et en Afghanistan, et dans l’évolution au Liban, en mai dernier, et dans l’entêtement et la fermeté syriens. La politique syrienne a rendu les sanctions imposées par Chirac inefficaces (…). Ce qui a obligé la France à abandonner les pressions pour opter au rapprochement, dans une tentative de briser l’alliance entre Damas et Téhéran, ou du moins pour utiliser la Syrie dans l’objectif de s’ouvrir sur l’Iran. Le blocage entre les Etats-Unis et la République islamique rendant tout dialogue direct impossible ». Ainsi, constate Boumediène, « Sarkozy est un intermédiaire américain qui tente de se rapprocher de l’Iran à travers la Syrie ».

La sénatrice ajoute : « il est établi que Sarkozy est un allié des Etats-Unis et d’Israël, et ne porte pas les Arabes dans son cœur. Tout ce qui intéresse le président français est de satisfaire ses alliés américains et israéliens, et son activité diplomatique est dictée par leurs intérêts. Washington étant dans une impasse en Irak et en Afghanistan, il lui faut coopérer avec Téhéran et Damas pour s’en sortir. Mais les Américains ne peuvent pas négocier directement. Ils ont mandaté Sarkozy pour négocier avec Damas et Téhéran, ce qui permet à Washington de sauver sa face ».

Concernant le Liban, Boumediène souligne que « la majorité au Liban est consciente que la stabilisation du Liban passe par de bonnes relations avec la Syrie. Les critiques que cette majorité adresse à Sarkozy sont destinées à la consommation locale et certains membres de la majorité tentent de reprendre contact avec les Syriens (…). Les cris de certains Libanais n’empêcheront pas le dialogue avec la Syrie quand l’intérêt des grandes puissances l’exige », conclut-elle.

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