Colombe ou faucon ?
Empire du Mal :: Samedi, 27 septembre 2008 . 6:58 t.u. ::
Tzipi Livni, ex-madame Affaires étrangères du gouvernement Olmert, vient de remporter les primaires du parti Kadima (parti centriste leader de la coalition gouvernementale). Et vu que le même Olmert, alias « dead man walking », pédale dans la choucroute de la corruption (sorte de trouble compulsif dans le chef des dirigeants israéliens), « Madame Propre », appuyée par un plébiscite des sondages, est déjà assise dans son fauteuil de future Première ministre. Si la candidate s’impose comme une figure « modérée » du paysage politique israélien, celle que la presse israélienne surnomme également « Tzipi the Knife » (Tzipi le Couteau) devra jouer dans l’étau schizophrénique qui sépare son futur diplomatique de son passé tumultueux…
Née en 1958, Tzipi sera élevée aux tétines de la droite israélienne pur jus. D’origine polonaise, ses parents (Eitan Livni et Sara Rosenberg, radicaux sionistes plutôt actifs) servaient pour une organisation terroriste clandestine (l’Irgoun) ayant comme raison d’être le torpillage du colonialisme britannique pré-48. Le papa sera coorganisateur du tristement célèbre attentat de King David (QG britannique), tuant une petite centaine d’Anglais, Arabes et Juifs confondus.
Après son service militaire (gradée lieutenant), Tzipi partira en colo de vacances en France sous l’égide du Mossad (services secrets extérieurs israéliens). Elle y tiendra une « planque » durant une période (années 80) où une vague d’assassinats entache l’Europe. Selon le Times, Tzipi aurait été mêlée de « très près » à l’assassinat d’un dirigeant de l’Organisation de Libération de la Palestine, à Athènes. Aujourd’hui, la fille refuse d’aborder la question de son passé… On la comprend.
Rentrée au pays pour finir ses études de droit (elle sera juriste spécialisée en droit public et commercial), Tzipi se lance en politique au Likoud en tant que disciple d’Ariel Sharon (vous vous rappelez, cet ex-général responsable dans les années 80 du massacre d’une bonne centaine de civils dans un camp de réfugiés au Liban), qui lui fera enchaîner les portefeuilles ministériels. Elle suivra finalement ce dernier au parti Kadima.
Vue tout d’abord comme une des « colombes » israéliennes (du fait de son souhait de céder la Cisjordanie aux Palestiniens, et de son engagement pour le retrait des colonies juives de Gaza), certains voient le « faucon » qui veille en elle : Tzipi conteste le retrait israélien du plateau syrien du Golan ; et voudrait « bombarder » les installations nucléaires civiles de l’Iran, potentiellement dangereuses pour la fameuse « sécurité » de l’Etat d’Israël. Et pour parler terrorisme, le nouvelle Golda Meir (pas tendre non plus, en son temps) veut qu’Israël soit, comme les Etats Unis, un acteur de premier plan dans la lutte contre le terrorisme, et de ce fait « combattre la menace palestinienne ». Qui a dit que les végétariens étaient plus pacifistes ?
Alors en quoi Tzipi constitue-t-elle une promesse de paix, comme le veut son étiquette de « modérée » ?
Source : Le Pan


