Cuba face à l’Empire - Bush et son instinct animal
Amériques :: Mardi, 13 novembre 2007 . 18:30 t.u. :: Ángel Guerra
Le responsable du génocide en Iraq, le partisan du bombardement de l’Iran et de la Troisième Guerre Mondiale, a déversé hier sa rage contre Cuba. Il l’avait déjà fait récemment, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, alors qu’il n’avait pas eu un mot sur le problème mondial du changement climatique ni sur aucun des mortels fléaux planétaires que le capitalisme engendre et qui, disons-le au passage, sont amplifiés par l’empire yanqui. Il s’est senti dans l’obligation de centrer son délire sur l’Île aussi rebelle et digne que l’étoile solitaire de son drapeau. L’usurpateur illégitime de la Maison Blanche - qui ne doit sa place qu’à la fraude électorale - est un être fruste et en proie au désespoir, mélange de deux extrêmes très dangereux chez quelqu’un qui a le doigt sur le bouton de l’arme nucléaire et qui n’hésiterait pas à le presser si on en juge par la tuerie que provoque sa guerre actuelle contre le terrorisme qui a déjà causé beaucoup plus de victimes que celles qui périrent à Hiroshima et à Nagasaki.
Bush souffre à cause de Cuba. « Cuba l’obsède », a déclaré Fidel Castro la semaine dernière. Il a cru que l’effondrement de la Révolution n’était qu’une question de jours quand il apprit que Castro devait subir une délicate intervention chirurgicale et allait se trouver éloigné de ses responsabilités pour une durée indéterminée. Mais non seulement il ne s’est produit aucune des protestations dont il rêvait, menées par ses mercenaires à Cuba, par ceux-là qu’il appelle « dissidents », pas plus que n’a eu lieu l’exode migratoire massif claironné par ses perroquets médiatiques. Durant les dix-huit mois qui ont suivi, ce que le monde a vu c’est un pays stable et un peuple qui a prouvé sa confiance et son adhésion au gouvernement conduit par Raúl Castro.
Face à de gigantesques défis le président cubain en fonction et son équipe n’ont pas perdu une minute à assumer leurs responsabilités avec calme, avec intelligence et dévouement. Les problèmes qu’ils affrontent découlent de presque un demi-siècle de terrorisme d’Etat et de blocus économique par Washington – de plus en plus cruel -, de la disparition de l’allié soviétique, de circonstances très défavorables associées au changement climatique et, aussi, d’erreurs propres que Fidel et Raúl ont reconnues avec la plus grande franchise et qu’ils se sont mis en tête de corriger. Recréer le socialisme sans faire de concessions irréparables au marché est une affaire très complexe chaque fois que le dogmatisme de l’ère soviétique a freiné le développement de la théorie révolutionnaire. Mais relever le défi ne leur fait pas peur.
Je ne connais aucun gouvernement d’aucun pays au monde qui, dans des conditions aussi défavorables et soumis à un état virtuel de guerre avec rien de moins que les Etats-Unis d’Amérique ait favorisé la discussion populaire, libre et sans manipulations sur la société telle qu’elle est et sur celle que l’on souhaite bâtir comme cela se fait à Cuba. Seuls ceux qui ont une confiance illimitée en leur peuple peuvent se permettre ce luxe et parallèlement organiser un processus électoral qui est devenu le bien commun de la population. Heureux, des amis me racontent la festive, massive et réfléchie participation de la population et la haute qualité civique des candidats ce qui a fait que ce scrutin soit très serré.
Ce résumé très succinct de la situation explique la frustration et la rage de Bush dont le rêve délirant de profiter, tel un charognard, de la maladie de Fidel Castro est devenu un cauchemar. Un autre fait l’explique et c’est que l’Amérique Latine est sur la voie de la liquidation du néolibéralisme, avec des peuples qui se lèvent contre la spoliation de leurs droits culturels, sociaux et politiques les plus élémentaires et avec de grandes avancées dans leur intégration économique et politique. Le contraire de celle qui est décrite par le gérant de l’Empire dans sa mensongère et pharisienne agression contre Cuba. Le criminel de guerre qui siège à la Maison Blanche est un ignorant, mais il sait, même si ce n’est que grâce à son instinct animal, combien l’exemple révolutionnaire de l’Île a aidé à forger cette nouvelle réalité dans la Grande Patrie.
Mais rien de ce qu’il pourra dire ou faire ne va changer la décision cubaine de construire le socialisme et d’unir son destin à celui des peuples latino-américains et de tous ceux qui luttent pour l’indépendance et la liberté. S’il en était déjà ainsi quand Cuba s’est retrouvée toute seule, comment en serait-il autrement aujourd’hui où elle est en compagnie du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur, du Nicaragua et de tant de fronts de lutte comme celui que vient d’ouvrir si fort le Costa Rica contre le libre commerce et la fraude électorale.
Vaincu en Iraq, rejeté par l’humanité, impopulaire au plus haut degré dans son propre pays, Bush aura à subir une autre amère déroute dans les prochains jours lorsque l’Assemblée Générale des Nations Unies condamnera, une fois encore, le criminel blocus imposé à Cuba. Il est paradoxal son appel à se révolter dans l’Île qui est en marche depuis des décennies et qui reverdit aujourd’hui, mais contre cet Empire dont il est le chef.
Source : La Jornada


