L’Equateur réintègre l’Opep, essentiellement pour soutenir Hugo Chavez

Amériques :: Jeudi, 22 novembre 2007 . 17:52 t.u. :: Agence   Envoyer   Imprimer
L’Equateur réintègre l’Opep, essentiellement pour soutenir Hugo Chavez

L’Equateur va réintégrer l’Organisation des Pays exportateurs de pétrole (Opep) à l’occasion de son sommet de Ryad ce weekend, après l’avoir quittée en 1992, essentiellement pour renforcer le président vénézuélien Hugo Chavez, actuellement un peu isolé au sein de ce cartel.

Le président équatorien Rafael Correa devait arriver dans la capitale saoudienne vendredi pour y retrouver les 12 autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’Opep.

Cela permettra “d’exprimer par notre présence notre volonté de réintégrer l’Opep”, a souligné le ministre équatorien de l’énergie, Galo Chiriboga Zambrano, lors d’un entretien avec l’AFP. Quito avait initialement rejoint en 1973 l’Opep, fondée en 1960.

Il a paradoxalement reconnu qu’autour de leur niveau actuel de 90 à 100 dollars le baril, les prix du pétrole pénalisent l’Equateur, qui exporte du pétrole, mais importe beaucoup de produits dérivés faute de capacités de raffinage suffisantes.

“L’augmentation des prix nous avantage comme producteur, mais nous défavorise comme importateur”, indique le ministre.

L’Equateur produit environ 500.000 barils par jour (bj), ce qui est une goutte de pétrole face aux quelque 9 millions de barils quotidiens produits par l’Arabie saoudite, premier producteur mondial. Environ 60% de la production équatorienne est exportée.

“Pour résoudre ce problème, nous investissons dans les capacités de raffinage”, avec la modernisation d’une usine existante et la construction d’une autre en commun avec la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA.

Ces mesures devraient permettre à terme de “supprimer les importations de produits raffinés”, assure-t-il.

Certains analystes estiment toutefois que le retour de l’Equateur au sein de l’Opep n’est pas vraiment significatif et permettra surtout à Hugo Chavez de consolider sa position au sein du cartel.

“L’Equateur ne réintègre (l’Opep) que parce que le Venezuela le veut et pour appuyer Chavez qui souhaite plus d’appuis en Amérique latine”, a déclaré à l’AFP John Hall, un expert en questions pétrolières qui dirige la firme éponyme à Londres.

Le président équatorien se situe très nettement à gauche et manifeste régulièrement son opposition aux Etats-Unis, se ralliant du “socialisme du 21e siècle” prôné par Hugo Chavez.

“L’Equateur n’a, dans l’absolu, aucune importance pour l’Opep”, mais peut “peut-être” en avoir pour le Venezuela, renchérit Mazar Al Shereidah, qui enseigne l’économie pétrolière à l’université centrale du Venezuela.

Le cartel doit bien mesurer “s’il accueille un poids lourd ou un poids plume qui ne pourra pas payer ce qu’il doit en tant que membre”, a-t-il ajouté lors d’un entretien avec l’AFP.

L’Equateur va négocier pendant le Sommet un plan de remboursement des 3,3 millions d’euros qu’il doit encore à l’Opep et devra aussi acquitter une cotisation annuelle pour en faire partie.

Il espère obtenir un quota de production de 530.000 mbj à compter de janvier 2008.

Galo Chiriboga Zambrano rétorque que le retour au sein de l’Opep vient en reconnaissance des efforts de l’Equateur pour mener “une politique déterminée d’intégration latino-américaine en matière d’énergie”.

L’Equateur et le Venezuela seront les deux seuls membres latino américains du cartel. Le Mexique n’est pas intéressé, mais le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a récemment déclaré que son pays pourrait rejoindre l’organisation dans quelques années, après la découverte d’importantes réserves pétrolières dans son pays.

L’Opep réunit actuellement l’Algérie, l’Angola, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, le Qatar et le Venezuela.

© AFP / 16 novembre 2007 10h12

Photo : Chavez avec le président Iranien

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