Les persophobes dévoilés

Collaboration :: Samedi, 4 juillet 2009 :: David L’Epée :: Envoyer   Imprimer
Les persophobes dévoilés

Le verdict des médias occidentaux est tombé. Sans appel. Unanime. Les élections iraniennes n’auraient été qu’une vaste fraude, la population mécontente aurait pris possession des rues partout dans le pays, et le pouvoir « illégitime » du président sortant et réélu Ahmadinejad serait amené bientôt à céder face au « sens de l’histoire ». Quant à ceux qui, en Occident, osent remettre en cause cette analyse, penser que M. Moussavi n’est peut-être pas la réincarnation du Sauveur ou suggérer que ses partisans sont tout de même minoritaires en Iran, il ne peut s’agir que d’agents vendus à la République islamique, de factieux constituant une cinquième colonne chez nous, voire, carrément, si l’on en croit Israël Magazine, d’un « lobby iranien en Europe » ! Entendre des sionistes s’élever contre un lobby vaut son pesant d’or, il fallait oser…
 
Ceux qui tentent, via internet ou la presse indépendante, de jouer une fausse note dans le concert univoque et magnifiquement huilé des médias acquis à la nouvelle mode de la persophobie ne peuvent être sortis que des « officines islamo-gauchistes »[1]. Plus possible, désormais, de parler de Mahmoud Ahmadinejad sans utiliser le préfixe ultra : « ultra-conservateur », « ultra-populiste », « ultra-intégriste », « ultra-nationaliste », « ultra-radical »…[2] Ne cherchez pas de sens objectif à ces termes, il n’y en a pas, ils ne sont là que pour imprimer dans l’esprit du lecteur un sentiment d’aversion par accumulation d’épithètes diabolisantes. L’enfonceur de portes ouvertes Bernard Henry-Lévi, dans une vidéo maison tournée dans un coin de son salon et en ligne sur internet depuis quelques jours, nous apprend, dans une grandiloquente « Adresse à la Jeunesse Iranienne », que la République islamique n’est qu’une forme iranienne de « national-socialisme »… Des trémolos dans la voix, il en appelle aux mânes de Michel Foucault, singe Malraux avec des gestes de prédicateur en récitant un texte indigeste où la litanie obsédante des mots « peuple » et « jeunesse » nous rappelle, par effet de miroir, que ces deux notions lui sont devenues étrangères depuis bien longtemps.
 
Les comparaisons les plus insensées fusent dans les discours de nos intellectuels autorisés : Budapest 56, Tiananmen 89… Le Matin Dimanche, bouclant la boucle du double discours, n’a rien trouvé de mieux, le 20 juin, pour défendre la démocratie iranienne que d’aller chercher le soutien de… Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran[3] ! Il faut croire que même le « libéral » Moussavi était encore trop républicain et populeux pour nos médias… La logique de la propagande auto-reproductrice fonctionne maintenant à plein régime, le mensonge générant le mensonge et justifiant les jugements les plus obtus tout en accréditant les pires appels à l’ingérence et aux coups de force tant qu’ils sont présentés comme paroles d’expert. Y a-t-il encore une place pour la modération, pour le doute critique, dans cette avalanche de verdicts unilatéraux dignes de la Pravda dans sa grande époque ? Essayons d’y voir un peu plus clair et de trouver ce qui se cache derrière le miroir aux alouettes.
 
Tenons-nous en, dans un premier temps, aux faits. Pour ça, au moins, tout le monde les connaît. Aux élections présidentielles du 12 juin – élections au suffrage universel, suffrage féminin compris[4], avec une participation très forte d’environ 83% des citoyens – le président sortant Ahmadinejad est réélu haut la main avec 63,3% des suffrages (24,5 millions de voix), devant un de ses concurrents, M. Moussavi, qui remporte 34,2% des suffrages (13,2 millions de voix). M. Moussavi qui a, sur la base d’on ne sait quelles informations ou quelle fuite, annoncé sa victoire avant la fin du dépouillement, s’étonne de ce résultat (ou joue l’étonnement) et exprime publiquement ses doutes sur la régularité du décompte des voix. Ces doutes – qui deviennent vite, pour lui et pour ses partisans, une conviction – amènent, notamment à Téhéran (surtout dans les quartiers nord en fait, fief de la classe supérieure) et dans quelques autres grandes villes du pays, un certain nombre de citoyens à descendre dans la rue et à exiger un recomptage tout en refusant de reconnaître le résultat officiel du scrutin. Jusque là, tous les observateurs sont d’accord : il s’agit de faits incontestables.
 
Une des questions qui se posent est donc de savoir s’il y a ou non eu fraude lors de ces élections. Il est impossible de le nier. Mais il est tout aussi impossible de l’affirmer. La possibilité existe toutefois, et c’est hélas une irrégularité qu’on retrouve, à plus ou moins grande échelle, dans toutes les démocraties du monde. Souvenons-nous par exemple des scandales qui ont émaillé l’élection et la réélection de Georges W. Bush, de l’affaire des votes de la Floride par exemple. Les médias n’en avaient certes pas fait un aussi grand scandale que dans l’affaire iranienne (l’éternel deux poids-deux mesures) mais ces fraudes sont maintenant avérées. Il n’est donc pas impossible qu’une telle manipulation ait eu lieu, à plus petite échelle, en Iran, mais pour le moment du moins, et contrairement au cas américain, personne ne semble disposer d’aucune preuve – à commencer par les opposants au président qui n’ont pas encore réussi à étayer leurs accusations sur des bases concrètes. Or, dans tout Etat de droit, et c’est valable chez eux comme chez nous, c’est à celui qui accuse d’apporter la preuve de ce qu’il avance, conformément au principe juridique moderne de la présomption d’innocence.
 
Remarquons tout de même au passage que, s’il y a eu fraude, ce n’est pas nécessairement pour autant le résultat du scrutin qui est en jeu, mais peut-être uniquement la différence de proportions entre le vainqueur et le vaincu. En effet, la différence de nombre de voix entre les deux candidats est telle que la victoire du premier sur le second ne peut s’expliquer par une simple fraude, laquelle n’aurait pas pu tout de même s’appliquer à plus de dix millions de bulletins…
 
Cette impression est confirmée par un sondage réalisé le 3 et 4 mai de cette année par deux experts étasuniens, Ken Ballen et Patrick Doherty, à Téhéran ainsi que dans 29 capitales provinciales et 32 autres villes importantes. Le résultat de ce sondage donnait une très nette préférence à Ahmadinejad avec 58,6% de votes favorables contre 21,9% pour Moussavi. Les experts ajoutent que c’est la classe d’âge des 18-24 qui constituait le bloc électoral la plus important en faveur d’Ahmadinejad[5]. Est-il vraiment étonnant que trois semaines plus tard les élections présidentielles aboutissent au résultat que nous connaissons ? D’où vient donc, chez les observateurs étrangers, cette surprise irrationnelle – ou cette apparence de surprise ?
 
L’ethnologue Jean-Pierre Digard[6], spécialiste de l’Iran, donnait l’explication suivante dans un entretien accordé à L’Humanité le 15 juin : « La surprise de ce résultat réside dans un effet de zoom exagéré produit par les médias qui, en général, ne parlent pas le persan, font des séjours assez brefs en Iran, et n’ont accès précisément qu’à la frange de la population qui est occidentalisée et qui parle anglais – ce qui donne un éclairage très particulier qui ne correspond pas à la réalité. »[7] Un analyste du journal Al-Hayat (Londres) faisait lui aussi remarquer ceci : « La couverture médiatique étrangère a accrédité l’idée qu’Ahmadinejad ne pouvait gagner. C’était prendre ses propres désirs pour la réalité. Les journalistes ont donné une vision déformée de l’opinion publique – probablement parce qu’ils ne savaient pas comment aborder la rue iranienne. »[8] 
 
C’est aussi ce qui faisait dire au journaliste suisse Serge Michel, plus de deux mois avant les élections, dans les pages de L’Hebdo le 2 avril que « depuis trente ans, les journalistes occidentaux mettent l’accent sur les failles du système ou ses aspects les plus répressifs. Ils interrogent le plus souvent les gens qui leur ressemblent ou dont ils apprécient les propos, des intellectuels laïcs, des étudiants rebelles, des femmes qui mettent en cause l’orthodoxie islamique. Du coup, l’Iran qu’ils découvrent serait toujours « sur le point d’imploser ». »[9] Pourrait-il encore parler avec cette franchise aujourd’hui alors que l’ensemble des médias semble s’être aligné sur une position unique, celle de l’opposition par tous les moyens (y compris les moins déontologiques) à la personne et au gouvernement d’Ahmadinejad ? En réalité, les résultats du 12 juin n’ont étonné que ceux qui s’obstinaient depuis déjà des années à fermer les yeux sur la réalité de l’opinion publique iranienne…
 
Nous devons conclure que s’il y a eu fraude, il faut parvenir à le prouver, et que si les opposants parviennent à amener ces preuves, il est de leur droit le plus strict de contester le résultat officiel et de demander un recomptage. L’ayatollah Ali Khamenei s’est d’ailleurs dit ouvert à un dialogue allant dans ce sens. Mais, fraude ou pas, la dispute ne saurait vraisemblablement porter que sur le détail des chiffres, pas sur les résultats en tant que tels qui, eux, sont sans appel et confirment clairement la volonté populaire iranienne de confier un nouveau mandat au président Ahmadinejad.
 
Le critère fondamental qui distingue les partisans de M. Moussavi de ceux de M. Ahmadinejad est, pour ainsi dire, un critère de classe au sens large, déterminé par la situation économique des acteurs en présence et les conséquences culturelles et sociétales de ces situations économiques divergentes. Sociologiquement, tout le monde ou presque s’accorde à ranger les partisans de Moussavi dans la catégorie d’une certaine bourgeoisie urbaine instruite, aux mœurs et aux pensées plutôt libérales et ayant une forte tendance à regarder du côté de l’Occident, sur le plan de leurs idéaux, de leur type de consommation et de leurs références politiques. Les partisans d’Ahmadinejad au contraire – et le résultat du scrutin nous étonnera moins lorsqu’on l’aura rappelé – constituent le gros de ce qu’il est convenu d’appeler le peuple : ouvriers, agriculteurs, artisans, soldats, etc. Ces derniers, plus enracinés dans leur terre, plus proches de la tradition et de l’Islam chiite, sont aussi les plus fervents défenseurs de la Révolution islamique, à qui ils doivent beaucoup sur le plan des acquis sociaux et de la souveraineté nationale. Ce sont là deux Iran très différents qui s’affrontent, mais le second l’emporte numériquement de beaucoup sur le premier, comme il est facile de le comprendre.
 
L’éditorial du Financial Times du 15 juin relevait la chose suivante : « Pour les pauvres, le changement, cela signifie avoir à manger et avoir du travail : ça n’est pas une question de code vestimentaire branché ni de récréations mixtes. En Iran, la politique a énormément plus à voir avec la lutte des classes qu’avec la religion. »[10] Dans le même ordre d’idées, James Petras, professeur émérite de sociologie à l’université Binghamton de New-York, figure bien connue de la gauche américaine, faisait remarquer que « la majorité des électeurs préfère le bien-être social à la liberté débridée des marchés et préfère la sécurité nationale à l’alignement sur tel ou tel empire. »[11] Thierry Meyssan, analyste de géopolitique qu’on ne présente plus, évoque quant à lui « un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique. »[12]
 
Ces considérations sociologiques étant posées, on comprend mieux la sympathie pour l’opposition exprimée par ceux qui, à l’étranger, ont tout intérêt à ouvrir de nouveaux marchés dans le cadre d’un pays qu’ils rêvent de voir « normalisé » sur le standard libéral américain. Intérêt marchand qui se couple avec des intérêts géopolitiques encore plus faciles à comprendre : ceux d’un empire qui s’est engagé auprès d’Israël à faire taire quiconque ferait de l’ombre à l’Etat hébreux et à faire en sorte que ledit Etat reste le seul, dans la région, à posséder l’arme nucléaire[13]. Et puis il y a du pétrole aussi en Iran…
 
Partant de là, tous les coups sont permis, comme nous le constatons journellement depuis quinze jours à la lecture des quotidiens ou au spectacle de la télévision. Interprétations orientées invariablement dans le même sens, fausses informations, manipulation de l’opinion, réflexes pavloviens de journalistes aux ordres et qui ont tellement bien intégré la ligne officielle qu’ils n’ont même plus besoin d’être tenus en laisse… Un exemple de mensonge parmi d’autres ? Voyez ci-dessous :
 
Ici la page internet du Los Angeles Time ; on y voit le président Ahmadinejad saluant une foule constituée vraisemblablement de ses partisans :
 
Los Angeles Times – Iran

Et maintenant la page internet de la BBC présentant la même photo, avec un cadrage plus serré excluant Ahmadinejad. Mais cette fois, la foule enthousiaste est présentée comme celle des partisans de Moussavi…
 
BBC – Iran

Ce n’est là qu’un exemple parmi beaucoup d’autres de la guerre totale engagée par le camp atlantiste, via les médias, contre l’Iran. Si je me permets de parler de persophobie, c’est bien parce qu’il doit nous paraître évident à présent que c’est l’Iran, non seulement comme gouvernement mais aussi comme nation, comme peuple, comme civilisation millénaire, qui est attaqué aujourd’hui par cet autre empire dont les capitales sont Washington, Tel-Aviv, Bruxelles… Nos médias défendent-ils vraiment la « révolution verte » lorsqu’ils appellent de leurs vœux le retour du shah tout en se parant d’oripeaux humanistes et démocratiques ? Cette seule idée ferait frémir M. Moussavi, qui n’a jamais rien souhaité de tel ! Mais Moussavi n’est peut-être qu’un instrument pris dans un engrenage qui le dépasse ?… Non, ce qu’ils aiment dans la « révolution verte », c’est tout ce qui n’est pas spécifiquement iranien, c’est le désir d’ »ouverture », c’est-à-dire d’affaiblissement national, la tentation propre à toutes les bourgeoisies d’un mode de vie plus mercantile et plus cosmopolite, loin des valeurs culturelles, familiales et solidaires qui constituent l’identité iranienne populaire.
 
Or, ces valeurs, c’est justement ce que représentait Ahmadinejad et, au-delà de sa politique socialisante (fondée en grande partie sur la redistribution aux plus pauvres de la manne pétrolière[14]), c’est aussi sur ce programme qu’il s’est fait réélire. Comme l’explique Christian Bouchet dans un récent article, « Ahmadinejad a eu largement les faveurs de son peuple qui a trouvé en lui l’homme qui entend restituer la grandeur de l’antique Perse. […] Dans son pays, et cette présidentielle l’a prouvé, Ahmadinejad est élevé au rang de héros national qui tient tête aux puissants de ce monde, même sous embargo. »[15] Pour cette raison-là également, le président est en train d’acquérir une aura incontestable parmi les ennemis de l’impérialisme et de la mondialisation dans différents pays du monde – le nôtre y compris – comme avait pu le faire Castro en son temps, et comme c’est le cas aujourd’hui pour d’autres figures de la résistance comme celles d’Hugo Chavez ou d’Evo Morales.
 
Nous ne pouvons que souhaiter, pour l’heure, une résolution pacifique des troubles civils (troubles très parcellaires) avec lesquelles l’Iran est actuellement aux prises comme nous pouvons souhaiter que, grâce à internet et grâce à un regain de la pensée critique, le public international soit amené à réviser ses jugements sur la situation de ce pays et à cesser de croire aveuglément comme paroles d’évangiles les slogans haineux que nos médias nous livrent en pâture à longueur de journée.
 
Notes

[1] C’est l’expression qu’emploie Maurice Szafran, directeur de la revue Marianne, dans une chronique datée du 19 juin où il fait, comme tant d’autres, son sermon d’allégeance (je cite) : « L’un des combats d’idées les plus ardents de Marianne a été, est et restera la dénonciation inlassable de la collusion entre l’islamisme et le gauchisme dévoyé qui s’en est fait depuis tant d’années le fourrier zélé. »

[2] Je le confirme, j’ai pu lire tous ces termes fantaisistes au moins une fois dans la presse romande et française de ces dernières semaines !

[3] Dans cet entretien, le fil du shah, réfugié aux Etats-Unis, à qui on demandait s’il souhaitait revenir sur le trône déchu de son père, disait être « prêt à servir mon pays si mes compatriotes me le demandent », évoquant son rêve d’une restauration de la monarchie…

[4] Le suffrage féminin apparaît certes comme une évidence et il est la base de toute vraie démocratie, mais nous savons qu’il n’en va pas de même dans l’ensemble des pays musulmans : l’Iran, dans ce domaine comme dans bien d’autres, se pose comme un des pays les plus progressistes de la région.

[5] Pour pousser plus loin le décryptage du mensonge médiatique actuellement à l’œuvre, précisons encore que, toujours selon ces deux experts, les deux tiers des représentants de cette classe d’âge ne possèdent pas d’ordinateur et ne pratiquent pas l’internet. Information qui prend tout son sens lorsque nous entendons nos journalistes nous dire que la contestation anti-Ahmadinejad est emmenée par une majorité de jeunes et que ces jeunes organisent et font connaître la (contre-) »révolution » au moyen d’instruments comme Twitter ou Facebook… L’agitation politique sur la toile est bien réelle mais elle ne saurait être, sociologiquement, que le fait d’une minorité – une minorité privilégiée.

[6] auteur de L’Iran au XXe Siècle, Fayard, 2007 (co-écrit avec Bernard Hourcade et Yann Richard)

[7] L’Humanité, 15 juin 2009 ; Jean-Pierre Digard, sur la question de savoir ce qu’est ce fameux « conservatisme » qu’on attribue à l’actuel président iranien, considère que ce terme est erroné : « Ahmadinejad n’est pas du tout un conservateur, c’est un révolutionnaire. »

[8] Daoud Al-Charyan, Al-Hayat, juin 2009 (traduction : Le Courrier International)

[9] L’Hebdo, 2 avril 2009

[10] Financial Times, 15 juin 2009

[11] James Petras, cité par le Réseau Voltaire. Il ajoute dans le même texte : « L’analyse démographique des électeurs met en évidence une réelle polarisation de classe, qui dresse des individus bénéficiant de hauts revenus, partisans du libre marché, capitalistes et individualistes, contre une classe laborieuse ayant de faibles revenus, fortement solidaires entre eux, partisans d’une économie morale dans laquelle l’usure et le profit sont strictement limités par des préceptes religieux. Les attaques ouvertes d’économistes oppositionnels contre les dépenses sociales du gouvernement, contre sa politique de crédit accessible et de très généreux subventionnement des produits alimentaires de première nécessité ne les ont pas vraiment fait apprécier par la majorité des Iraniens, qui bénéficient de ces programmes sociaux du gouvernement. »

[12] Thierry Meyssan, « La CIA et le laboratoire iranien », Réseau Voltaire, 17 juin 2009

[13] Ce qui a fait dire à James Patras, déjà cité plus haut, que « les néoconservateurs, les conservateurs libertariens et les trotskystes ont joint leurs voix à celle des sionistes, saluant les protestataires de l’opposition iranienne. »

[14] « Le président, plus populiste que jamais, prouvait par là non seulement sa démagogie mais son inculture économique : au lieu d’enrichir les plus riches, comme il se doit dans un pays civilisé, grâce à un « bouclier fiscal », il privilégiait le peuple !… » ironisait Jean Lévy, du Comité Valmy, dans un texte du 14 juin 2009 intitulé « Les élections en Iran : une lourde défaite de l’impérialisme »

[15] Christian Bouchet, « Arrogance occidentale », VoxNR, 15 juin 2009 ; le chroniqueur concluait son analyse par ce constat judicieux : « La victoire de Mahmoud Ahmadinejad, c’est aussi, d’une certaine manière, notre victoire, celle des mal-pensants et celle des résistants… »

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