Chavez menacé d’assassinat
Amériques :: Mardi, 27 novembre 2007 . 19:43 t.u. :: Danielle Bleitrach
En Amérique latine, la droite, l’oligarchie et les Etats-Unis sont décidés à aller jusqu’à l’assassinat. Chavez a révélé avoir été été sous la ligne de mire d’un franc-tireur
Le dirigeant vénézuélien a confirme qu’il a été sous la mire d’un franc-tireur au service des Etats-Unis, durant un voyage à l’intérieur du pays.
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a révélé au grand jour les plans contre sa vie et a annoncé qu’il existe des preuves que récemment il ait été sous la mire d’un franc-tireur selon Prensa latina. Devant des journalistes de différentes télévisions nationales, Chavez a confirmé la révélation faite par le vice-président José Vicente Rangel, qui avait affirmé que dans un voyage à l’intérieur de ce pays, ont été relevées des traces de laser sur son corps. Le chef d’Etat a expliqué qu’alors qu’ils étaient dans une file de voitures, une personne avait appelé un canal de télévision pour informer qu’une lumière étrangère se baladait sur son corps, ce qui déclancha une investigation.
Il a précisé que dans la vidéo a été détecté une lumière qui bougeait de bas en haut et qui insistait sur la tête comme but du mouvement, les analystes ont sollicité l’avis d’un expert. Chavez a expliqué que récemment, il avait abordé cette question avec le président cubain, Fidel Castro, qui lui aussi a vu la video, celui-ci lui dit qu’à son avis il y avait là un essai de recherche de vulnérabilité ou la personne chargée de le tuer n’avait pas trouvé à temps l’angle de tir.(1)
De la même manière Hugo Chavez a révélé que peu de temps avant le coup d’Etat d’avril 2002, une personne avait informé une Ambassade vénézuélienne dans un pays centre-américain l’existence d’un plan criminel qui devait intervenir dans l’année. Le dirigeant vénézuélien a indiqué qu’il existe d’autres preuves en relation avec le terroriste Luis Posada Carriles et d’autres contacts terroristes de Miami, aux Etats-Unis.
Le fait est que toujours a pesé cette menace sur Chavez et surtout maintenant avec la proposition d’une réforme constitutionnelle et la victoire du référendum prévue pour le 2 décembre, ce qui ouvre la possibilité de l’approfondissement des changements jusqu’au socialisme a conclu l’agence Prensa latina.
En Amérique latine, dans les pays qui ont décidé d’apporter un véritable changement il y a partout le même scénario, après des tentatives de blocage légaux, il y a provocation de désordres, de déstabilisation, mais comme les gouvernements ne cèdent pas, qu’ils ont l’appui du peuple, la vie de ces dirigeants est désormais menacée. Plusieurs nouvelles nous parviennent d’Amérique latine, elles vont toutes dans le même sens qu’il s’agisse de la Bolivie, où comme nous l’analysons dans un article ci-dessous la droite a déclenché une quasi insurrection pour empêcher l’adoption de la Constitution, du Nicaragua où le président Daniel Ortega a menacé de gouverner par décret si la droite s’obstinait à bloquer le processus légal à l’assemblée, mais surtout du Venezuela où le Président Vénézuélien a révélé hier qu’il avait été récemment sous la mire d’un tireur comme nous le dit cet article de Prensa latina (Cuba).
Pendant ce temps là la presse occidentale fait jouer ses grandes orgues sur la pseudo-dictature de Chavez ou d’Evo Morales, comme depuis des années ils nous amusent avec celle de Fidel Castro.
La caractéristique de la période est celle d’une mobilisation populaire sur laquelle s’appuient les gouvernement pour faire avancer des réformes constitutionnelles qui donnent les moyens aux pays concernés de s’approprier leurs ressources nationales pour en faire bénéficier la majorité, et mettre sous garantie d’intervention populaire ce processus. Ce que le capitalisme, l’impérialisme ne tolère pas c’est le caractère démocratique de ce pouvoir populaire, réellement démocratique et son aspect contagieux pour tous les peuples y compris le notre. Il y a là en effet la possibilité de réflechir tous ensemble à la manière dont on peut changer la société.
Danielle Bleitrach
(1) le 22 novembre 2007, après une tournée internationale réussie au cours de laquelle il s’est rendu en Arabie Saoudite pour participer au Sommet des chefs d’État de l’OPEP, mais aussi en Iran, en France et au Portugal, le président de la République bolivarienne du Venezuela, Hugo Rafael Chavez Frias est arrivé à Cuba lors d’une brève escale de transit pour avoir des conversations avec le président Fidel Castro et le général d’armée Raul Castro. (note de Danielle Bleitrach à partir d’une information parue dans Granma. )
je me permets également de vous rappeler le texte de l’intervention de Fidel Castro publié dans ce blog le 12 novembre après le sommet, il faut toujours écouter ce que dit Fidel, non seulement quand il nous met en garde contre l’usage des bio-combustibles. mais également quand il tire les conséquences de la manière dont Chavez marque des points et le danger d’assassinat. “Les murs, la distance et le temps se sont réduits à zéro. Cela semblait irréel. Jamais un dialogue semblable entre chefs d’Etat et de gouvernement, représentant presque tous des pays pillés par le colonialisme et l’impérialisme, n’avait eu lieu. Aucun fait ne pouvait être aussi didactique.
Le samedi 10 novembre 2007 passera à l’histoire de notre Amérique comme le jour de la vérité.
Le Waterloo idéologique eut lieu lorsque le Roi d’Espagne demanda abruptement à Chavez : « Pourquoi ne te tais-tu pas ?». A cet instant, tous les cours d’Amérique latine ont vibré. Le peuple vénézuélien, qui devra se prononcer le 2 décembre prochain, a frémi en revivant les jours glorieux de Bolivar. Les trahisons et les coups bas que reçoit quotidiennement notre cher frère ne parviendront pas à modifier ce sentiment de son peuple bolivarien.
Lorsque j’ai écouté Chávez en arrivant à l’aéroport de Caracas, revenant du Chili, déclarer de sa bouche même les projets qu’il avait d’aller, comme il l’a fait si souvent, à la rencontre des foules ; j’étais absolument persuadé qu’étant donné les circonstances actuelles et la victoire idéologique qu’il avait remporté, un assassin à la solde de l’empire, un oligarque avili par les réflexes inoculés par la machine de propagande impériale ou un malade mental, pourrait mettre fin à sa vie.
Il est impossible de ne pas avoir l’impression que l’empire et l’oligarchie s’efforcent de conduire Chávez vers une impasse, en l’exposant facilement à un coup de feu.
Pour le Venezuela, la victoire ne doit pas se transformer en terrible défaite mais en victoire plus importante encore, afin d’éviter que l’impérialisme ne conduise notre espèce au suicide. Il faut continuer le combat en prenant des risques mais non en jouant tous les jours à la roulette russe ou à pile ou face. Personne n’échappe aux calculs mathématiques.
Dans de telles circonstances, il vaut mieux utiliser les moyens de communication modernes qui ont transmit au monde entier, en direct, les débats du Sommet.
Fidel Castro Ruz
12 novembre 2007


