Paris, Londres et Berlin appuient la fermeté de Bush à l’égard de l’Iran
Collaboration :: Samedi, 8 décembre 2007 . 16:06 t.u. ::
Le président français, Nicolas Sarkozy, partage toujours l’analyse de son homologue américain, George W. Bush, sur la nécessité de durcir les sanctions contre l’Iran s’il ne suspend pas ses activités d’enrichissement de l’uranium, comme indiqué dans un rapport des services de renseignements US sur le nucléaire iranien. Selon l’Élysée, M. Bush a appelé M. Sarkozy mercredi pour s’entretenir du rapport, le National Intelligence Estimate (NIE) publié le 4 décembre, de 16 services américains du renseignement. « George Bush a exposé à M. Sarkozy les conclusions du NIE et les éléments nouveaux qu’il contient, notamment sur des activités à caractère nucléaire militaire que l’Iran aurait conduites », écrit l’Élysée. M. Sarkozy estime que « si ceci était confirmé, les préoccupations internationales depuis 2002 sur les finalités des activités nucléaires en Iran seraient encore renforcées ». « L’Iran doit suspendre ses activités d’enrichissement, comme le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) l’a demandé par trois résolutions successives depuis un an et demi. Le refus de l’Iran de s’y conformer justifie une nouvelle résolution du CSNU renforçant les sanctions », a déclaré M. Sarkozy à M. Bush, selon le porte-parole de l’Élysée, David Martinon. M. Sarkozy se range ainsi clairement du côté de M. Bush, qui continue de plaider pour un renforcement des sanctions à l’égard de Téhéran.
En outre, réunis en sommet hier à Paris, M. Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont estimé que l’Iran et ses velléités nucléaires continuaient à « représenter une menace ». Lors d’une conférence de presse commune, M. Sarkozy a déclaré : « Si les sanctions ont été votées et qu’elles ont permis l’amorce d’un dialogue (…) je ne vois pas au nom de quoi on devrait renoncer à des sanctions alors même que la question de l’accession au nucléaire militaire par les dirigeants iraniens reste posée. » « Je crois (…) que l’Iran continue à représenter une menace », a déclaré pour sa part Mme Merkel. « Ce que le président iranien dit envers Israël est, et reste, inacceptable pour l’Allemagne » et « l’AIEA dit que la coopération de l’Iran en matière d’enrichissement est loin de ce qu’elle devrait être », a-t-elle expliqué.
Même son de cloche à Londres. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a écrit hier dans le Financial Times que la Grande-Bretagne fera pression pour que les Nations unies adoptent une nouvelle série de sanctions contre l’Iran. « (…) On ne doit pas avoir peur d’une diplomatie qui montre les dents. Une position de repli est bien pire », estime-t-il. « La direction iranienne est confrontée à un choix clair… J’espère que ses dirigeants auront la prévoyance et l’inspiration de faire le bon choix pour leur propre peuple qui n’en mérite pas moins », conclut M. Miliband.
Ce soutien des trois grandes capitales européennes est inestimable pour M. Bush, après la publication du NIE qui rend la tâche des Occidentaux difficile face à la Russie et la Chine, toutes deux réticentes à de nouvelles sanctions contre Téhéran. La position de fermeté de Washington a été réitérée hier par la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, qui s’est encore prononcée pour un durcissement des sanctions contre l’Iran. « Je ne vois pas en quoi (le rapport) change notre ligne de conduite », a-t-elle déclaré. De son côté, le vice-président américain, Dick Cheney, un des adversaires les plus ardents du nucléaire iranien, a reconnu ouvertement mercredi que la diplomatie risquait d’être compliquée par le NIE. « Peut-être, mais ce n’était pas simple au départ », a répondu M. Cheney dans un entretien avec le magazine en ligne Politico, qui lui demandait si les efforts américains pour contenir les activités nucléaires iraniennes seraient rendus plus difficiles par le NIE. La reconnaissance des possibles difficultés posées par ce document est d’autant plus frappante qu’elle vient d’un homme qui passe pour l’un des avocats les plus fervents de la fermeté contre l’Iran. « Je continue à être inquiet » malgré le NIE, a toutefois dit M. Cheney. M. Cheney a clairement laissé entendre que, si ce rapport avait été publié contrairement aux intentions déclarées par le renseignement, c’était dans l’intention de limiter les dégâts qu’aurait causés une « fuite », à la lumière du précédent irakien.
Source : L’Orient-Le Jour, vendredi 07 décembre 2007


