Pas morte, la solidarité avec la Palestine

Nation Arabe :: Mardi, 18 décembre 2007 . 17:22 t.u. :: Gérald Papy   Envoyer   Imprimer
Pas morte, la solidarité avec la Palestine

La réunion des pays donateurs récolte 7,4 milliards de dollards de fonds pour Mahmoud Abbas. But : restaurer les institutions et soutenir la reprise économique. Le leader palestinien appelle aussi Israël à faire des gestes.

Sept milliards quatre cents millions de dollars “pour soutenir la construction institutionnelle et la reprise économique des trois années à venir” : la réunion, lundi à Paris, des pays donateurs au profit de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a été un succès. Le Président palestinien espérait recueillir, auprès des 70 pays et 20 organisations internationales représentés, quelque 5,6 milliards : l’objectif a été largement atteint. Ostensiblement, les représentants de la communauté internationale ont voulu soutenir le nouvel élan créé par la conférence d’Annapolis, le 27 novembre. Celle-ci a ébauché la perspective de résolution du conflit israélo-palestinien d’ici à la fin 2008, avec, à la clé, la création d’un Etat palestinien. Même si ce scénario relève encore de l’utopie, il était assurément important, dans ce cadre, de conforter le pouvoir de celui qui sera, aux yeux des Occidentaux, le mentor palestinien de ce projet, Mahmoud Abbas, lui qui est fragilisé depuis la prise de pouvoir des islamistes du Hamas dans la Bande de Gaza.

Le véritable artisan de la réussite de la réunion de Paris est cependant le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad. Son plan triennal de réforme et de développement (2008-2011) a séduit les organisations financières internationales : il a été adoubé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Du reste, Salam Fayyad est déjà passé à l’action : il a imposé un compte unique au ministère des Finances, qu’il dirige aussi, pour mieux contrôler les mouvements de fonds; il a mis fin au versement en liquide des soldes d’agents des forces de sécurité, dont il a, par ailleurs, réduit les effectifs de quelque 40000 unités. Bref, le Premier ministre a gagné la confiance des partenaires étrangers et a convaincu du sérieux de son plan alors que la gabegie, sous Yasser Arafat, freinait tout développement.

Résultat : l’Union européenne (639,4 millions de dollars), les Etats-Unis (555 millions de dollars), la France (300 millions de dollars), entre autres contributeurs importants, ont répondu présent. Mais l’aide financière, cruciale, n’est pas tout. Le président Mahmoud Abbas a été le plus insistant à le souligner : si ces promesses de dons ne s’accompagnent pas d’un desserrement de l’étau israélien, l’initiative est vouée à l’échec. “Comment peut-on lancer des négociations sérieuses pour mettre fin au conflit, comme cela a été convenu devant le monde entier, au moment où l’une des parties poursuit la colonisation et ne procède pas à une sérieuse révision de cette politique ?”, a lancé M. Abbas, plaidant aussi pour l’arrêt du “mur de sécurité” et la libération de prisonniers palestiniens. A l’instar de son homologue palestinien, Nicolas Sarkozy, hôte de la conférence, a appelé à la levée des barrages israéliens et prôné l’envoi d’une force internationale, “le moment venu et lorsque les conditions seront réunies”. Elles sont loin de l’être. Mais la réunion de Paris a ajouté une pierre à l’édifice.

Source : La Libre Belgique

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.