Le pianiste israélien Daniel Barenboïm prend la nationalité palestinienne

Nation Arabe :: Lundi, 14 janvier 2008 . 17:30 t.u. ::   Envoyer   Imprimer
Le pianiste israélien Daniel Barenboïm prend la nationalité palestinienne

Le célèbre pianiste israélien qui a toujours appelé a la fin de l’occupation de la Palestine et fondateur avec Edward Saïd du West Eastern Divan Orchestra composé de jeunes musiciens arabes, palestiniens et israéliens, prend la nationalité palestinienne.

Daniel Barenboïm, pianiste et chef d’orchestre israélien de renommée mondiale, a pris la nationalité palestinienne et déclaré qu’il pensait que sa rare et nouvelle qualité pourrait être une manière d’exemple pour la paix entre les deux peuples.

« C’est un grand honneur de se voir offrir un passeport » a-t-il dit dimanche dernier après un récital de piano à Ramallah, la ville de Cisjordanie où il a pendant quelques années favorisé les contacts entre jeunes musiciens arabes et israéliens.

« J’ai aussi accepté parce que je crois que les destins du peuple israélien et du peuple palestinien sont inextricablement liés » a dit Barenboïm. « Nous devons, bénis ou maudits, vivre les uns avec les autres. Et je préfère la première (proposition).

« Le fait qu’un citoyen israélien peut recevoir un passeport palestinien peut montrer que c’est vraiment possible » a-t-il poursuivi.

L’ancien ministre palestinien de l’Information, Mustafa Barghouti, qui a aidé à organiser le concert de dimanche, a dit que ce passeport avait reçu l’approbation du précédent gouvernement, auquel il avait appartenu et qui a été remplacé en juin.

Barenboïm, 65 ans, né en Argentine, est une personnalité controversée dans sa patrie d’adoption- (Israël) – à la fois pour avoir promu Richard Wagner, compositeur du XI Xè siècle, dont la musique et les écrits antisémites ont influencé Adolf Hitler – et pour son opposition proclamée à la politique d’Israël dans les territoires palestiniens.

Questionné sur les propos du président George W. Bush la semaine dernière lors de sa visite dans la région, (disant) qu’une paix pourrait être signée cette année, Barenboïm a mis en garde contre le danger de faire naître trop d’espoirs.

« Ce serait absolument horrible si maintenant avec les bonnes intentions, des attentes se lèvent qu’on ne pourrait pas satisfaire » a dit Barenboïm. « Alors nous nous enfoncerions dans une crise encore plus grande »

Tout en repoussant toute envie d’avoir un rôle politique, l’ancien chef de l’Orchestre Symphonique de Chicago a lancé une pique à propos de l’appel spectaculairement vigoureux de Bush à Jérusalem la semaine dernière, engageant Israël à mettre fin, selon les propres mots de Bush, « à l’occupation ».

« Actuellement, même les gens bornés disent que l’occupation doit s’arrêter » a dit Barenboïm.

Avec Edward Saïd, l’universitaire palestinien aujourd’hui décédé, il avait co-fondé le West Eastern Divan Orchestra, composé de jeunes musiciens d’Israël, des territoires palestiniens, et des pays arabes voisins.

Source : Ha’aretz du 13 Janvier 2008

1 Réponse »

  1. Chapeau à D. Barenboïm !

    Concernant l’antisémitisme de Wagner : Hermann Levi, qui était son ami - pour autant que l’on pût être l’ami de Wagner - qui a dirigé ses oeuvres et créé Parsifal, Hermann Lévi donc a répondu à ce sujet qu’il connaissait l’antisémitisme de Wagner mais estimait ses raisons exemptes de bassesse (je cite de mémoire).
    C’est apparemment aussi l’avis de D.Barenboïm.

    Ce même Barenboïm semble être un récidiviste de l’ouverture d’esprit : il avait déclaré que lorsqu’il se trouvait en face d’un problème d’interprétation comme chef d’orchestre, il se posait la question :”Qu’aurait fait Furtwängler ?”. Rappelons que Furtwängler s’était rendu coupable d’être resté à diriger dans son pays en guerre - quoiqu’il fût personnellement assez hostile au national-socialisme - ce qui lui avait valu l’hostilité des sycophantes - dont, hélas pour sa mémoire, Toscanini - et une procédure dite de “dénazification” après la défaite.
    Attribuer à Wagner une quelconque paternité spirituelle de Hitler, c’est une chique trop longtemps mastiquée. Certes Hitler adorait Wagner. Il raffolait aussi de pâtisserie, et voilà la chantilly promue mère spirituelle de Hitler.
    On a aussi fait de Nietzsche un autre père spirituel de Hitler, et Nietzsche a précisément fait grief à Wagner de son antisémitisme. Que les trousseurs de poncifs se débrouillent avec cela comme ils peuvent. Mais je sors du sujet. Bref :

    Encore bravo à Monsieur Barenboïm !

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