Oukilélavion ?

Amériques :: Mercredi, 28 septembre 2011 :: :: Envoyer   Imprimer

Charlotte Sawyer

Non ce vous venez de lire n’est pas la énième retranscription d’un haka lointain nous venant des terres rugbyistiques du Sud. Cela pourrait, vous me direz. Mais non ! En fait, ce cri – Oukilélavion !  – est plutôt la manifestation de mon ras-le-bol, suite aux mémorielles outrances dont nous ont affligé les media occidentaux dans leur relecture obscènes des événements du 11 Septembre, notre Nine Eleven !

Concernant les media états-uniens (les miens), j’aurai pu comprendre. Après tout, tout comme Pearl Harbor, le 9-11 a marqué une exception dans la vie américaine : le fait que les États-Unis soient directement frappés sur leur sol.

Ça nous arrive assez peu. En effet, depuis la Guerre Anglo-Américaine de 1812 (1812-1815), les guerres nous avons (plutôt) la détestable habitude de les déclencher motu proprio et, surtout, d’aller les faire chez les autres ! C’est plus simple et ça salit beaucoup moins. Au fait, celle de 1812 c’est AUSSI nous qui l’avons mise en route…

Mais, reconnaissons-le, depuis le 7 décembre 1941, nous avions oublié quelque peu l’odeur de la poudre et du sang, du moins d’aussi près. Considérant qu’il est du droit d’une nation de commémorer les événements de ce type, tout ce qui a accompagné, cette année, le 9-11 n’était pas une grande surprise. Même si je doute fort, que tout ce qui a été organisé ait beaucoup eu à voir avec la manifestation de la vérité. Mais, après tout, les historiens savent tous que la Bataille de Valmy n’a pas été le grand choc dépeint par la suite, mais un affrontement à front inversé somme toute limité où les deux camps ont eu la prudence de imiter l’engagement de leurs forces.

Le 9-11, c’est un peu notre Valmy du XXIe siècle. Peu importe la réalité et le déroulé des événements. Car, comparé à Iwo-Jima – 6.821 morts, dont 5.931 Marines1 et 15.000 blessés – ou Okinawa – 18.900 morts2 et 49.000 blessés – le 9-11 fait, quand même, pâle figure. Sauf qu’il a eu lieu à Manhattan !

Tout ça pour dire que la mémoire implique toujours autant de sentiments que de raison. Enfin, passons.

Non, ce qui m’a vraiment surpris dans la gestion décennale de cette page vénéneuse de NOTRE histoire, c’est l’emphase qui lui a été donnée de ce côté-ci de l’Atlantique. Deux faits sont à noter :

Primo, l’importance accordée au 9-11 par l’officialité française, tant politique que médiatique. Apparemment, les Je Suis Partout de la kollaboration pro-US avaient reçu leur feuille de route. Je n’ai pas connaissance d’un tel partage de la souffrance lors des campagnes d’attentat dont votre pays a eu à souffrir das un passé pourtant proche ! Je n’ai pas le souvenir de New-Yorkais se donnant la main pour commémorer les victimes (françaises) des tragédies du RER Saint-Michel ou de la Rue de Rennes…

Secundo, l’affligeant ronronnement d’une thèse officielle bien apprise, quant au déroulé du 9-11. Pas un éditorialiste de la bien-pensance atlantiste pour exprimer la plus petite critique, ou l’once d’une déviance.

Que tirer de ces turpitudes comportementales ? D’abord, leur affligeante inefficacité. Après dix ans d’un propaganda staffel de tous les instants, il ne resterait que 47% de Français à gober la version officielle du 9-11. Avec des media aussi bien alignés – le mot couchés me semble plus approprié – les Nazis eussent gardé sous le coude la nouvelle du D-Day, pardon du débarquement, jusqu’à la prise du bunker d’Hitler ! Bah! Hier, Vous avez eu des gendarmes parquant des femmes et des enfants à Drancy. Aujourd’hui, une presse mi-people-mi caniveau, gardant bien au chaud des vérités officielles auxquelles la majorité de citoyens de la planète ne croit plus ! O tempora, o mores ! Moins de morts innocents. Mais la même lâcheté chevillée au corps !…

Avec tout ça, j’oublie l’essentiel ! Oukilélavion ? Je veux dire celui qui a – si peu, il est vrai – estourbi le Pentagone ? Moi, bonne fille, je me disais : au bout de dix ans, on va bien nous sortir des images bien nettes d’un Boeing maousse-costaud s’écrasant sur le bâtiment ? Et, bien non! Niente ! Nada !

Troublant tout de même !

Eh, oui ! Le Pentagone reste un de nos lieux emblématiques qui attire les touriste comme le miel les oursons. Certes, on n’y entre pas comme dans le premier Bagel Store venu, mais qu’est-ce qu’on tourne autour ! Or, le 9-11, allez savoir pourquoi, pas le plus petit touriste nippon pour lui tirer le portrait ce jour-là. Pas l’ombre d ‘un vidéaste sud-coréen pour nous enregistrer la plus petite image. Pas davantage un groupie de feu le fondateur (je sais, stylistiquement, c’est un peu lourd) du Al-Jabhah al-Islamiyah al-Alamiyah li-Qital al-Yahud wal-Salibiyyin (Front islamique mondial pour le combat contre les juifs & les croisés), Oussāma Bin-Moḥammed Bin-Awad Bin-Lāden, pour traîner dans le coin avec une petite caméra ?

Ça ne vous semble pas étrange cet abyssal déficit iconographique ? Moi si…

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