Charlie Hebdo s’est fait Hara-kiri

Culture :: Vendredi, 4 novembre 2011 :: Daniel-Youssof Leclercq :: Envoyer   Imprimer

«Tout ce qui nous sert à faire le journal a cramé» [1]. Charlie Hebdo [2] a tenu parole car on est effectivement morts de rire (mdr). Evidemment, ce qui déclenche notre jubilation, car je ne suis pas tout seul Monsieur Renald Luzier dit Luz [3], ce n’est pas le contenu du périodique, qui a autant d’intérêt que les serviettes du même nom, mais la purification incendiaire providentielle qui a mis en Charpie l’Hebdo et le piratage qui a sanctifié son site Internet.

Comme ironisait le sulfureux magazine, qui n’a pas cru si bien dire : « Oui, l’islam est compatible avec l’humour ». Pour preuve cette blague ironique sur l’infortune de Charlie, l’arroseur arrosé : Des Musulmans, qui sont fort peu connaisseurs en matière d’alcools, ont malencontreusement voulu célébrer ce numéro spécial qui leur était gentiment consacré avec un « Molotov », d’après une recette recueillie sur Internet, en pensant qu’il s’agissait d’un cocktail maison. Ha, Ha, Ha ! Eh, oui ! On peut aussi se gausser, comme vous, de tout ce qui ne nous touche pas directement. D’ailleurs, on sait bien que tous ceux qui ont subi les satires de Charlie pensent que c’est bien fait pour sa gueule mais font mine de s’apitoyer sur son malheur en escomptant sans doute n’être plus jamais égratignés à l’avenir. Alors chacun y va de sa petite formule, tel pour s’indigner contre une petite sauterie qui n’a fait que des dégâts matériels et dont la seule victime est l’amour propre des satiristes. Tel autre dénoncera une atteinte à la démocratie ou à la liberté d’expression et tel autre encore se fâchera qu’on cherche ainsi à imposer une façon de voir à la république française. En voilà des pisse-froid qui manquent sacrément de sens de l’humour !

Il est profondément injuste de condamner unilatéralement et unanimement les conséquences d’un acte sans blâmer un tant soit peu ce et ceux qui les ont occasionnées. Contrairement au Conseil Français du Culte Musulman, à la Mosquée de Paris et à tous ceux qui craignent la probable prochaine rafle du Vel’ d’hiv [4], qui s’apitoient sur le malheur des persifleurs et donnent ainsi un blanc-seing à leurs provocations inconsidérées, alors qu’en 2006 ils considéraient les caricatures du Prophète comme injurieuses [5], moi, bien que Français mais Musulman avant tout, je ne condamnerai et ne serai solidaire de rien du tout, Monsieur Claude Guéant [6). De toutes façons, nos railleurs désormais sans bureau fixe peuvent fort bien se passer des dégonflés musulmans puisqu’ils bénéficient d’un élan de solidarité indéfectible de la part des classes politiques et médiatiques démago-populistes. Il aurait été préférable que ces psychopathes soient internés en asile psychiatrique mais leurs semblables ont préféré leur faire bénéficier de l’asile journalistique pour qu’ils puissent continuer à perpétrer leurs railleries puériles et vulgaires.

Comme nos schizophrènes ont un sens de l’humour inaltérable, ils ont spontanément accusé les « intégristes islamiques ». Il est vrai que les extrémistes, qu’ils soient musulmans ou identitaires, sont hommes à tirer profit de l’événement pour dresser les communautés les unes contre les autres mais ils ne sont pas les seuls à qui le crime peut profiter : Certains partis de droite ou d’extrême droite ont intérêt à orienter la campagne présidentielle de 2012 vers le sécuritaire à tendance islamophobe. D’aucuns avancent même que Charlie Hebdo lui-même, pour se renflouer et se payer de nouveaux locaux à bon compte, pourrait avoir monté le coup. N’est-il pas étrange que le siège du journal satirique n’était pas sous protection policière alors que ses dirigeants assurent avoir reçu des menaces dès qu’ils ont annoncé leur intention de blasphémer sur le Prophète de l’Islam en le représentant comme un clown ? Cette action directe (comme le groupe activiste du même nom) punitive, rapide et sans bavures, a jeté les trublions sur le trottoir mais, goguenards, ils affirment qu’ils n’ont même pas peur, ne regrettent rien et promettent de recommencer derechef. Leurs boutefeux, s’ils sont effectivement musulmans, tiendront certainement un discours similaire. A décharge et à raison, s’ils passent à la vitesse supérieure, ils pourront toujours invoquer le fait que leurs recours judiciaires et leurs coups de semonce pour faire cesser les nuisances envers ce qui leur est cher n’ont dissuadé personne de les commettre. Après tout, c’est leur liberté d’expression, non ?

Notes

[1] Dixit Stéphane Charbonnier, alias Charb, dessinateur et directeur de la publication de Charlie Hebdo.
[2]. Hebdomadaire lancé en novembre 1970 pour pallier à l’interdiction de parution de Hara Kiri.
[3] dessinateur satirique collaborateur de Charlie Hebdo.
[4] Wikipedia. On devrait s’attendre prochainement à des actions spectaculaires en milieux musulmans, destinées à leurrer l’opinion publique sur la capacité de l’Etat à assurer la sécurité.
[5] Issues du journal danois Jyllands-Posten.
[6] Ministre de l’Intérieur de son État.

© UAM93

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1 Réponse »

  1. [...] Source: Daniel-Youssof Leclercq [...]

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