La Contra syrienne prise en flagrant délit de trafic d’armes

Point Fort :: Mercredi, 2 mai 2012 :: Mediarama :: Envoyer   Imprimer

Les inquiétudes exprimées par une partie de la classe politique libanaise et par des responsables étrangers sur l’implication grandissante du Liban dans les événements en Syrie semblent se confirmer. La saisie à bord d’un navire d’un véritable arsenal capable d’équiper une petite armée, laisse croire que le Liban est devenu le principal point de passage des armes destinées aux rebelles syriens. Cette affaire prouve aussi que les pays arabes, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, qui réclament ouvertement depuis des mois l’armement de l’opposition syrienne, sont passés des paroles aux actes.

La cargaison, découverte dans trois conteneurs embarqués à bord d’un navire battant pavillon de Sierra Leone, le Lutfallah II, comportait des milliers de fusils mitrailleurs Kalachnikov russes et M16 américains, des lance-roquettes de fabrication russe et américaine, des canons de mortiers de calibre 120 mm, des missiles sol-air tirés à partir de l’épaule, et de grandes quantités de munitions et d’explosifs. En tout, plus de 150 tonnes.

En provenance de Libye, le navire a fait escale dans le port d’Alexandrie en Egypte, s’est ensuite rendu en Turquie, avant de mettre le cap sur le Liban. Il a été arraisonné par les commandos de la marine libanaise à 50 kilomètres au Nord de Beyrouth, au large du port industriel de Selaata, alors qu’il se dirigeait vers le port de Tripoli. Selon des sources de sécurité libanaise, le Lutfallah II appartient à deux hommes d’affaires syriens. Le capitaine du navire est également syrien et tous sont proches de l’opposition syrienne, croit savoir le quotidien As Safir. Au total, onze personnes ont été arrêtées y compris l’agent douanier libanais. Tout ce monde disposait de complicités dans la ville de Tripoli, où un dépôt avait été préparé pour y stocker les armes avant qu’elles ne soient transportées à leur destination finale, la Syrie.

Cette affaire suscite un certain nombre de questions qui restent sans réponses: comment un navire transportant une aussi grande quantité d’armes venant de Libye peut-il arriver au Liban en passant entre les mailles des filets de la marine israélienne et de la force navale internationale, déployée au large des côtes libanaises depuis 2006? Si ce navire a pu être intercepté par la marine libanaise, combien d’autres bateaux ont-ils réussi à débarquer leur cargaison sans être inquiétés? Si l’opposition syrienne est capable d’acheminer des armes via le Liban par voie de mer, qu’en est-il des partis politiques libanais?

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1 Réponse »

  1. [...] Liban devient une plaque tournante du trafique d’armes [...]

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