Manuel Marulanda est mort
Amériques :: Mardi, 27 mai 2008 . 7:59 t.u. ::
« Mourir au combat est une façon de rester vivant pour un guérilléro »
Raul Reyes.
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont confirmé aujourd’hui la mort naturelle de leur principal dirigeant Pedro Antonio Marín, connu sous le nom de Manuel Marulanda.
Dans une video diffusée par la chaîne Telesur de plusieurs Etats, le guerillero Timoleón Jiménez a annoncé également que le nouveau dirigeant du mouvement insurectionnel était Alfonso Cano. Le communiqué affirme que les FARC poursuivront la lutte dans l’unité et la détermination “jusqu’à la réalisation de l’objectif de la nouvelle Colombie, de la grande patrie latinoaméricaine” et que les accords humanitaires et les issues politiques restent d’actualité.
Texte du communiqué des FARC.
Comandante Manuel Marulanda Vélez: “Juramos Vencer!”
Quand, il y de cela 60 ans, l’oligarchie a mis en place cette guerre fratricide dans notre pays de par son terrorisme officiellement admis et la haine partisane envers ceux qui cherchaient à changer les droits de propriété de la terre de et souhaitaient la recomposition de la scène politique, elle a largement sous-estimé la capacité de résistance de notre peuple et sa dignité colossale.
De même que des centaines de milliers de paysans, Pedro Antonio Marín a dès lors été pourchassé sans relâche par le gouvernement et par les socaires paramilitaires d’alors, l’obligeant a tout abandonner et à se defendre nuit et tour pour survivre face à la barbarie du pouvoir officiel qui a coûté la vie à près de 300 000 compatriotes et a rendu possible la dépossession de millions d’hectares de de terres fertiles qui sont toutes passées aux mains des puissants chefs et libéraux et conservateurs que compte le pays.
Depuis lors, grâce à ses énormes capacité de leader et de stratège politico-miltaire, celui que l’on nommerait par la suite Manuel Marulanda Vélez en hommage à un leader syndical assassiné, avait acquis une expérience militaire immense et développé une vision du monde révolutionnaire et communiste qui lui permettait de comprendre de fond en comble les raisons économiques, sociales et politiques non seulement de sa situation personnelle mais aussi des immenses déséquilibres, violences et injustices qui ont cours dans notre société.
Quand en 1964 l’oligarchie lança, au sud de Tolima, une nouvelle offensive militaire criminelle à l’encontre des paysans (le dénommé « Plan Laso »), sous la direction (pas même cachée) du Pentagone nord-américain, Manuel Marulanda Vélez et 47 paysans, après de nombreuses démarches politiques en faveur de la paix qui ne trouvèrent aucun écho dans le camp adverse, prirent les armes pour faire face à l’agresseur et lui répondre par la seule alternative possible: la lutte pour le pouvoir politique et pour fonder les bases d’une société de justice sociale en marche vers le socialisme.
Si Washington et l’oligarchie refusaient que la lutte révolutionnaire se fasse par des voies démocratiques alors nous opterions pour cette solution, la seule possible : la naissance des FARC. Stratège innégalable, guide formidable, guerrier invincible, leader invaincu de milles batailles politiques et militaires livrées en 60 ans à renvendiquer les droits des pauvres et à affronter les foudres des puissants, révolutionnaire complet ayant assimilé les théories des plus grands penseurs et les confrontant toujours aux vérités qu’il avait découvertes dans la pratique quotidienne de la vie, se forgeantle profil d’un des dirigeants révolutionnaires les plus remarquables de tous les temps.
L’Humanité n’a connu aucun leader semblable à Manuel Marulanda Vélez, qui ait lutté de façon ininterrompue 60 ans durant dans la résistance armée, et qui soit sorti indemne et grandi des rouleaux compresseurs que furent les immenses opérations miltaires menées contre lui et ses hommes comme dans le cas du Plan Laso à Marquetalia, de l’Opération Sonore dans la Cordillère Centrale, de l’OpérationMaison Verte, des Opérations Destructor 1 et Destructor 2, du Plan Patriote ou encore du Pan Colombie.
Il est également sorti indemne et grandi des confrontations politiques à caractère stratégique mises en oeuvre dans des processus tels que les conversations avec l’ Etat colombien à la Maison Verte, à Caracas, au Mexique, et dans le Yarí, durant lesquelles d’aucuns ont prétendu soumettre la volonté politique et combattive des FARC sans mettre en place le moindre changement structurel dans la société et sans la moindre évolution du pouvoir politique.
A chaque confrontation, notre commandant a donné la preuve de sa grande sagesse et de sa capacité de toujours s’en sortir la tête haute face aux tempêtes et aux dangers les plus redoutables et les plus complexes, et il nous a montré la voie à suivre.
C’est avec une peine immense que nous vous informons que notre commandant en chef Manuel Marulanda Vélez, est mort le 26 Mars dernier des suites d’un infarctus cardiaque, dans les bras de sa compagne et entouré de sa garde rapprochée et de toutes les unités qui assuraient sa sécurité, après une brève maladie.
Nous lui avons rendu les honneurs dus à un leader de son rang et nous lui avons donné une sépulture honorable . Nous lui avons dit un ultime au revoir au nom des milliers de guérilléros fariens et des miliciens bolivariens ainsi que des millions de colombiens et citoyens du monde qui le respecte, l’admire et l’aime malgré la campagne médiatique nauséabonde qui est faite contre FARC.
A tous ceux-là et à leurs familles nous tenons à témoigner notre solidarité et nos voeux de condoléances.
Ce grand leader est parti et nous voulons aujourd’hui, malgré notre douleur, faire en sorte rejaillisse sur le monde la confiance qu’il avait en nos principes révolutionnaires, en nos plans, nos propositions, et en la victoire de la cause populaire en faisant connaître l’actualité et la grande valeur des inépuisables enseignements qu’il nous a dispensés et qui nous ont fait mûrir pendant toutes ces années passées à ses côtés ; nous voulons que rejaillisse sur le monde cette détermination à affronter les difficultés ; nous voulons que rejaillisse sur le monde l’importance cruciale de la solide unité interne qui nous a permis de nous développer avec force à chaque instant de notre existence.
Face à la plus grande offensive réactionnaire mise en place contre quelque organisation révolutionnaire que ce soit dans l’Histoire de l’Amérique latine, nous poursuivrons notre tâche suivant les plans sur lesquels nous nous étions mis d’accord, solidement unis et avec la conviction à la fois optimiste et profonde que nous sortirons victorieux malgré l’adversité.
Avec pour banières celles de Bolívar, de Jacobo et de Manuel portées bien Aut., nous continuerons sans relâche de lutter pour la bouvelle Colombia, pour la Grande Patrie latino-américaine et pour le Socialismo. Nous en avons fait le serment devant la tombe de notre commandant !
La confrontation ne nous laisse pas un seul instant de répit et la lutte continue. Nous avons décidé à l’unanimité de nommer à la tête de notre Secrétariat et comme nouveau commandant en chef de l’EMC le camarade Alfonso Cano. Comme membre permanent du Secrétariat, nous avons nommé le camarade Pablo Catatumbo et nous avons choisi comme suppléants les camarades Bertulfo Álvarez et Pastor Alape.
Nous continuerons d’encourager la lutte populaire, la formation du Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie et du Parti Communiste Clandestin, de même que la convergence avec tous ceux qui luttent pour la justice sociale, la souveraineté nationale et la véritable démocratie.
Toute la force farienne restera profondément engagée sur tous les terrains et dans tout le pays pour que nos plans soient victorieux et demeurera extrémement liée à la population civile qui seule peut nous garantir la victoire.
Nos propositions d’accords humanitaires et les issues politiques envisagées, comme celles exposées aussi bien dans le Manifeste que dans le Plateforme Bolivarienne, restent d’actualité ainsi que nous l’avons réitéré en de multiples occasions. Lancées depuis ces cordillères elles formeront une confluence et généreront un effort pour la paix démocratique que l’oligarchie nous a usurpé il y a 60 ans.
Alors même que nous commémorons le 44 anniversaire des FARC, nous voulons rendre un hommage plein de sens à notre commandant Manuel Marulanda Vélez, à Jacobo, à Raúl, à Iván Ríos, à Efraín Guzmán, ainsi qu’à tous ceux qui ont généreusement dédié et même offert leur vie à la cause des pauvres, sans rien demander en retour, mais poussés seulement par l’intime conviction qu’il faut lutter pour le bien commun qui caractérise l’engagement révolutionnaire.
Commandant Manuel Marulanda Vélez: Mourir pour le peuple, c’est vivre à jamais!
Devant l’autel de la patrie : nous jurons de vaincre !
Secretariado del estado mayor central.
FARC-EP mayo del 2008.
Montañas de Colombia.
Source : Caracas 25 mai, Prensa latina.
Traduit de l’espagnol par Céline Meneses.


