Regain de tensions en Ossétie du Sud face à la Georgie

Eurasie :: Mardi, 8 juillet 2008 . 14:49 t.u. ::   Envoyer   Imprimer
Regain de tensions en Ossétie du Sud face à la Georgie

L’Ossétie du Sud, territoire séparatiste géorgien a été le théâtre de violences vendredi ayant causé la mort de deux personnes, selon le bilan ossète, Moscou dénonçant “un acte d’agression” de la part de la Géorgie et l’Union européenne appelant à la retenue.

Dans la matinée, Irina Gagloïeva, porte-parole du gouvernement ossète, a affirmé que les forces géorgiennes avaient déclenché dans la nuit de jeudi à vendredi une vaste attaque venant de trois directions contre l’Ossétie du Sud, faisant usage de mortiers, de lance-grenades et d’armes légères.

Les troupes géorgiennes “ont simplement ouvert le feu en réplique” à des tirs de rebelles ossètes sur des villages géorgiens, a réagi, interrogé par l’AFP à Tbilissi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Chota Outiachvili.

Deux personnes ont été tuées et dix blessées, selon le bilan des autorités ossètes qui ont annoncé dans la matinée “la mobilisation générale”.

Dans la journée, le gouvernement ossète a affirmé que la situation était revenue à la normale, sous-entendant que la mobilisation générale n’était plus à l’ordre du jour.

“A l’heure actuelle, il n’y a aucune nécessité de mobilisation générale ou d’introduction de l’état d’urgence”, a déclaré le président ossète Edouard Kokoïty.

La Russie a, quant à elle, accusé la Géorgie de s’être livrée à un “acte d’agression délibéré”, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Auparavant, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, en déplacement au Turkménistan, a exhorté Tbilissi à “signer un document juridiquement contraignant, qui garantirait le non-usage de la force dans les zones des conflits”.

La présidence française de l’UE s’est dite vendredi “préoccupée” par les violences qui ont fait des morts en Ossétie du Sud “dans un contexte déjà tendu” et a appelé “toutes les parties à la retenue”.

Les autorités locales considèrent que Tbilissi se prépare à reprendre le contrôle de cette zone montagneuse du nord de la Géorgie, véritable patchwork de localités ossètes et géorgiennes, qui a proclamé unilatéralement son indépendance au début des années 1990, après la disparition de l’URSS, tout comme l’Abkhazie.

La situation s’était fortement détériorée jeudi quand un responsable de la police d’Ossétie du Sud avait été tué dans un attentat à la bombe.

Tbilissi, qui a nié toute implication, avait, pour sa part, affirmé que les forces de sécurité ossètes avaient tenté d’assassiner un responsable pro-géorgien dans la région indépendantiste.

La tension monte dans les deux régions rebelles depuis la décision de la Russie, en avril, de renforcer ses liens avec elles.

Tbilissi accuse Moscou de chercher à les annexer, et l’ambition de la Géorgie de rejoindre l’Otan, qui exaspère les Russes, joue un rôle sous-jacent dans cette crise.

La situation est également très tendue en Abkhazie, qui a fermé sa frontière avec la Géorgie mardi après que dix personnes eurent été blessées dans une série d’attentats à l’explosif imputés aux Géorgiens.

Cette étroite bande de terre bordée par la mer Noire est de facto indépendante depuis une guerre avec la Géorgie qui a fait des milliers de morts et a contraint des centaines de milliers de personnes à la fuite.

L’Abkhazie a averti vendredi qu’elle se rangerait aux côtés de l’Ossétie du Sud si la Géorgie poursuivait ses opérations militaires.

© 2008 AFP

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