Les fureurs uterines : de Marie-George à Marine
Verbatim :: Mercredi, 9 juillet 2008 . 18:17 t.u. :: Zahia eM. Gonon
Fureurs ? Plutôt, une France en transes. Le vénérable et impérial Code civil, bicentenaire, suspecté d’affinités avec l’islamisme, en vacille sur ses fondements. Résistera-t-il au ras de marais vaginiste ?
Qu’on veuille bien excuser ma déformation, sinon malformation congénitale, mais ce traitement par voie d’exception réservé à tout ce qui a trait à l’Islam puise ses sources lointaines dans l’Histoire de France. Il renvoie au feuilleton judiciaire de l’histoire coloniale.
Tous les praticiens du droit saluent à l’unisson le classicisme de la décision de première instance du tribunal de Lille.
Mais voilà : un musulman qui noue les liens du mariage devant un officier d’état civil et soumet à l’appréciation d’un tribunal civil le litige qui en découle est un islamiste !
Ce que tout le monde omet délibérément, c’est la logique remarquable du candidat époux, demandeur à l’action en annulation : il s’applique à lui-même la règle d’éthique qu’il souhaitait voir observée par sa future épouse. Il n’a constaté la tromperie que le soir des noces, alors qu’il aurait pu le savoir auparavant et ainsi se libérer de son engagement sans aucune forme de procès. Il poursuit sa logique jusqu’à refuser, quoi qu’il en coûte, de bâtir une union, avec les conséquences prévisibles, dont la pierre angulaire serait le mensonge. Mais un musulman faisant preuve de logique élémentaire ne peut-être que déclaré coupable d’islamisme aggravé !
L’action en annulation, contrairement à une procédure de divorce, a le mérite pratique pour les deux parties de ne laisser aucune trace de ce lien, en marge de leurs pièces d’état-civil. C’était compter sans l’hystérie islamophobe de la classe politique qui somme la République de rectifier son pilier de droit civiliste.
C’est la première fois qu’est invoquée l’impérieuse nécessité de ravaler la face au majestueux Code civil, pour motifs religieux et raciaux expressément énoncés. Auparavant, il n’était nullement utile d’y introduire des dispositions discriminantes puisqu’il n’était pas compétent pour les justiciables musulmans qui relevaient d’un sous statut de droit local.
Un historique, avec textes réglementaires et circulaires à l’appui découlant de ce droit local, pourrait retracer l’instrumentalisation du stupre contre les préceptes de la religion musulmane, sous les IIIe et IVe République. Par exemple, la loi Marthe Richard ordonnant la fermeture des ‘’maisons closes’’ n’était pas applicable à l’Algérie.
Au début de la Ve, les services de l’Action psychologique et les Sections administratives Spécialisées (SAS) de l’armée ciblaient la femme pour faire d’elle une alliée de la pacification contre les hommes, en l’incitant à adopter le mode de vie européen contre les ‘’manifestations autoritaires de l’égoïsme masculin’’ (1).
Les dames de la maison Fadéla Amara se disent héritières de leurs aînées de 1968. Elles sont plutôt des agents produits des SAS, de sinistre mémoire.
C’est une œuvre de salubrité publique de prendre des distances à leur égard. Les a-t-on entendu protester contre les descentes de police et quadrillage dans les cités des banlieues pour procéder à l’interpellation et arrestation de jeunes adolescents, au petit matin, avec les brutalités et voies de fait d’usage pendant les périodes honteuses de l’histoire de France ?
Le Droit public, quant à lui, et ses applications subordonnées à savoir le Droit administratif et le Droit pénal avaient largement été revus et corrigés pour les besoins de la législation d’exception qui s’était soldée par les abrogations pures et simples de tous les canons juridiques nés de la Révolution française. Abrogations votées et reconduites, faut-il le rappeler, par le Parlement sous les applaudissements des bancs de la droite, du centre et de la gauche : le PCF votant à Lepen et associés les pouvoirs d’aller exercer leurs talents.
La Sainte-Alliance de Marine, fille de son père, et de Marie-George pèse-peu n’en est qu’une réédition doublée du calcul illusoire d’améliorer, grâce à leur croisade, leurs humiliants scores respectifs aux scrutins locaux.
La fronde médiatique fut ouverte par une vestale de ‘’gôche’’, héritière dorée, qui doit sa liberté et sa supériorité à l’empire de publicité reçu en succession, et non à son sexe. Mais, elle volait au secours de la liberté sexuelle des femmes musulmanes. On reste confondue devant tant de philanthropie.
Les prêtresses de la permissivité, transfuges de gauche louant leurs services au mieux offrant, se sont rameutées pour faire étalage de leur égalité avec les Françaises de meilleure teint, acquise grâce à leur sexe libéré de ‘’la Charia’’. Avec le français approximatif de rigueur dans leur cas, elles n’ont pas omis de mentionner Kandahar, exprimant au passage leur soutien au crime d’agression perpétré contre les Afghans/nes, que le très chrétien chef de l’Etat affirme vouloir convertir à ses ‘’valeurs’’. Normal, les domestiques défendent leur maître.
L’Hémicycle, bien entendu, ne pouvait échapper aux scènes de spasmes, tous sexes confondus. La Ministre de la Justice, coupable d’avoir fait remarquer que le jugement est conforme à la règle de droit, était attendue par une volière de députés/es, irrévocablement congédiés de la gestion des affaires nationales, qui voient en Rachida Dati une adversaire à leur mesure, en soulignant son incompétence due à ses origines de fille de banlieue.
Il lui sera, pourtant, bien difficile de rivaliser de nullité avec les précédentes titulaires de son fauteuil de la mandature socialiste : aussi inexistante qu’une Marie-Lyse Lebranchu ou aussi malhonnête qu’une Elisabeth Guigou, ‘’garde du sceau du faux témoignage’’. Son hystérie, mémorable, en soutien à l’affabulatrice qui avait simulé une attaque anti-sémite dans le RER, n’a pas été suivie des excuses requises dans un cas d’erreur aussi flagrante.
Quant à la solidarité gouvernementale présumée, Roseline Bachelot, colleuse d’affiches et pourvoyeuse de fauteuils pour sa progéniture, décroche la palme d’or du simplisme en faisant l’éloge du ‘’droit au mensonge’’. A quand l’édition romanesque du Code civil ?
Soyons honnête pour reconnaître aux journalistes-messieurs une certaine réserve, non dépourvue de délectation perceptible à l’oreille, devant ces dames qui faisaient la queue pour dévoiler leur conception sur l’art et la manière de s’émanciper par le sexe. Ils se contentaient de tendre le micro aux prestataires rivalisant de transes. Laquelle d’entre elles a réussi à en parler de sang froid ?
Serait-ce une simple coïncidence avec la polyphonie anti-Algérie orchestrée, à l’occasion d’affaires de poursuites correctionnelles à l’encontre de colporteurs/ses, adeptes de sectes évangélistes très agressives, dénoncées par le Christianisme, qui tentent de s’implanter en Algérie.
Des pseudo Algériens, ayant un pied -sinon les deux- hors d’Algérie, apportent servilement leur concours à la propagande afin de se ménager quelques avantages en échange.
L’on a vu subrepticement, par un léger glissement sémantique, un élan de soutien en faveur de deux journalistes qui ont d’ailleurs soumis à la Cour suprême le litige les opposant à l’administration, suivi d’une pétition pour la ‘’liberté d’expression, de culte et de croyance’’.
A coté de professionnels des stratégies de déstabilisation, patentés par l’axe euro-atlantique, on relève quelques signataires algériens voulant ainsi mériter le label de ‘’démocrates’’ décerné sous tutelle de puissances étrangères, au palmarès criminel éloquent contres les peuples islamo-arabes.
Il est regrettable de constater que les quotidiens nationaux francophones se proclamant indépendants du pouvoir, ce qui est une excellente chose, ne cultivent pas la même indépendance vis-à-vis de leurs ‘’amis’’ et correspondants de l’étranger. Au sein de l’Europe, la réputation de la presse française, la plus agenouillée devant le pouvoir politique, n’est plus à faire.
Comme de coutume l’organe officiel d’information du Quai d’Orsay, diffusant vers l’Afrique, a largement ouvert ses micros à tous les faux témoins appelant à l’ingérence dans les affaires intérieures.
Les Etats européens avaient usé de stratagèmes similaires envers des Irakiens, traîtres à leur patrie, avec le résultat qu’il est facile d’apprécier aujourd’hui.
A remarquer, au passage, que personne n’émet la moindre critique que la formation des imams en France soit assurée par un institut catholique.
Voilà donc brossée à gros traits, sous réserves de développements ultérieurs, la houle transméditerranéenne à l’origine de la mutation d’une procédure banale, extraite opportunément du rôle d’un TGI de province, en affaire orchestrée au tocsin contre le péril ‘’communautaire ’’ encouru par la République, prétendue libre, laïque, égalitaire, etc., etc.
Il se dégage cette sensation que le débat public s’est tout d’un coup cristallisé autour d’un néo-droit de regard inquisiteur sous le niveau de la ceinture de l’individu λ, partie du corps désignée pudiquement, en langue arabe imagée, comme ‘’ce qui ne se nomme point’’.
Le PS., qui n’en finit pas de sombrer dans le ridicule, en fidèle descendant de la vielle catin coloniale, la SFIO, offre de déposer une proposition de loi pour réformer le Code civil à titre d’antidote à l’invasion islamique. De surcroît, cela peut toujours servir à ramasser un mini-maroquin qui traîne.
Le Parlement se [re]dirige-t-il vers un vote de ‘’pouvoirs spéciaux’’ pour régir le statut des ressortissants musulmans et créer des juridictions d’exception dont ils relèveraient, à moins qu’ils optent expressément pour le statut de Droit civil, sous la condition préalable de répudier leur culture identitaire.
Et, également, il en révisera le Code pénal afin d’y ajouter la qualification, la prévention et la répression du délit de chasteté. L’époux demandeur en annulation serait un primo délinquant, suivi probablement d’innombrables autres Maghrébins. L’ennui est que cette innovation coûtera au Ministère de la Justice l’augmentation des places dans les prisons ou la multiplication des bracelets électroniques.
Les contribuables seraient-ils/elles prêts/es à en payer le prix pour s’opposer à la contrainte de virginité prescrite aux jeunes filles.
L’institution judiciaire, appelée aussi pouvoir judiciaire, a prouvé deux fois dans son passé récent qu’elle n’est pas l’organe indépendant décrit dans les cours théoriques : sous Vichy et pendant la guerre d’Algérie.
Sur appel du parquet, donc du représentant de l’Etat, appel est interjeté sous la pression d’une agitation politique aux mobiles douteux.
Que ce jugement soit infirmé ou confirmé, il est prévisible que la Chambre civile de la Cour de Cassation aura à se prononcer pour conférer l’autorité de la chose jugée à ce qui va devenir un arrêt de principe ; alors que la défenderesse, première concernée, a accepté le jugement, avec le désir évident de rapidement tourner la page. Drôle de solidarité féminine !
Quant à l’époux, de confession musulmane certes, il n’en a pas moins exprimé sa volonté de ressortissant de la cité de vouloir du Code civil. Le Code civil voudra-t-il de lui ? La Réponse viendra de la Cour d’appel.
Enfin, les appels à rassemblements sur les places publiques n’ayant pas récolté la recette escomptée, suffira-t-il d’une chorale de quelques dizaines de voies in utero pour faire balancer le Code civil de la laïcité au laïcisme.
Reste que jusqu’à nouvel ordre, chacune demeure libre de s’émanciper par où elle l’entend. Le Parti socialiste devra attendre encore une autre cause à sa hauteur, comme bouée pour sa survie.
Mentionnons pour mémoire que si les Croisades furent initiées par la Chrétienté, l’Islam en est sorti vainqueur. L’Occident n’en aurait rapporté que l’abricot selon certains historiens. D’autres affirment que les croisés en ont également rapporté des prunes, d’où la formule populaire qui a traversé les siècles : ‘’travailler pour des prunes’’.
Un ex-pensionnaire de l’auberge élyséenne et homme à tout faire de Mitterrand avait doctement affirmé que l’Islam serait mort de sa belle mort sans quelques erreurs des juifs et des chrétiens.
En attendant d’autres erreurs, reconnaissons à l’omnipotent et très pieux chef de l’Etat N. Sarkozy d’avoir été la gauche, aussi facilement qu’on le fait avec un merlan en décomposition.
Note
(1). Service Historique de la Défense (SHD), cotes non communicables : SHAT 1 H 2524 D 2, ‘’ Le milieu féminin’’, Centre d’instruction de pacification et de contre-guérilla d’Arzew ; SHAT 1 H 2461 D 1, ‘’Action sur les milieux féminins en Algérie’’, août 1960 ; les ‘’Attachées féminines des Affaires Algériennes’’ (AFA), Colonel commandant le secteur de Guelma, octobre 1957.
Contact : arabelles@wanadoo.fr


