Réflexions sur l’échange de prisonniers Hezbollah-Israël

Verbatim :: Mardi, 22 juillet 2008 . 9:27 t.u. :: Khalid Amayreh   Envoyer   Imprimer
Réflexions sur l’échange de prisonniers Hezbollah-Israël

Le récent accord d’échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah est un indicateur de qu’il y a des Arabes qui commencent à comprendre la mentalité dépravée sioniste, et agissent en conséquence. Cette mentalité est basée sur l’arrogance, l’insolence, et un sentiment de supériorité religieuse et ethnique.

Israël, un pays dont la mentalité collective voit les non-Juifs quasiment comme des animaux ou du moins comme des humains de second ordre, a dû faire face à un nouvel ennemi, un ennemi qui ne s’est pas laissé effrayer par la brutalité écrasante, mais qui a défié à la terreur d’État d’Israël avec dureté, détermination et défi.

C’est une nouvelle réalité que les Israéliens, en particulier les dirigeants israéliens, ont encore à accepter, surtout psychologiquement.

C’est ce qui explique la profonde frustration qui se manifeste dans le ton des dirigeants israéliens en réaction au dernier accord d’échange, notamment le fait qu’Israël a été forcé de libérer le guérillero libanais Samir Kuntar.

Israël, en ignorant totalement ses propres péchés innombrables d’assassinat, en est arrivé à voir Kuntar comme le prototype du terroriste suprême - comme si les dizaines de milliers d’assassins et de terroristes juifs qui ont d’énormes quantités de sang innocent sur les mains étaient des anges d’amour et de miséricorde du Seigneur.

En effet, si Israël était un État normal, et de son peuple un peuple normal, il aurait adopté une approche honnête et juste envers ses voisins, une approche qui ne ferait pas de distinction entre “sang et sang” et ” vie et vie.”

Il ne fait aucun doute, qu’une telle approche aurait sauvé des milliers de vies humaines, juives et arabes, et épargné à la région et à ses peuples des décennies de la douleur et la souffrance.

Mais dans ce cas, le sionisme perdrait son visage, son esprit et son coeur, et aurait une morphologie tout autre.

Malheureusement, il est probablement inutile de prêcher la morale au sionisme, un mouvement manifestement démoniaque dont l’expérience montre qu’il n’est pas capable de se comporter moralement et humainement.

Eh bien, permettez-moi d’examiner certaines des déclarations et observations des dirigeants sionistes à propos du dernier accord d’échange avec le Hezbollah.

Shimon Peres, le héros du massacre de Qana de 1996, qui est maintenant Président d’Israël, a dit : “Nous ne voulons pas que les assassins soient libres, mais nous avons une obligation morale de ramener les soldats qui nous avons envoyés défendre leur pays. ”

Peres aurait également dit que “mon cœur est déchiré par la décision de grâcier Kuntar,” en ajoutant que sa décision “ne constitue en aucun cas un pardon.”

Il n’y a certainement personne, arabe ou autre, pour être particulièrement enthousiaste de ce que Kuntar a fait en 1979, bien que l’armée israélienne ait été au moins partiellement responsable de la mise à mort par la guérilla libanaise de trois Israéliens, dont un policier paramilitaire, un homme et sa fille.

Les trois vies, comme de nombreuses autres victimes, arabes et juifs, auraient été épargnées si l’insolent establishment militaire israélien s’était comporté de façon judicieuse.

Après tout, Kuntar, et ses amis qui ont été tués dans cette opération de sauvetage, n’est pas venu en Israël de tuer et de répandre le sang, mais pour forcer Israël à libérer des prisonniers arabes.

Néanmoins, on est incité à poser des questions difficiles, des questions que la plupart des Israéliens n’aiment pas entendre - et encore moins y répondre, mais face auxquelles ils cherchent à se soustraire ou à tergiverser et à chicaner dans leurs réponses.

Qui a tué le plus d’innocents, Shimon Peres ou Samir Kuntar? Qui a plus de sang, y compris du sang d’enfants, sur ses mains, Shimon Peres ou Samir Kuntar? Qui a infligé le plus de terreur, de souffrance et de mort à des personnes innocentes, Shimon Peres ou Samir Kuntar?

Si l’honnêteté doit être l’arbitre suprême entre les hommes, alors on ne peut pas échapper à la conclusion inévitable que ce sont les assassins de masse comme Peres, Ariel Sharon et d’autres dirigeants israéliens, morts ou vivants, qui ont vraiment besoin de demander pardon pour leurs crimes horribles contre l’humanité.

En fait, il faudrait rappeler à cette occasion aux qu’un poste présidentiel, un costard-cravate, et la capacité à prendre la parole avec éloquence et en plusieurs langues devant des auditoires d’hommes d’État et de VIP du monde entier, ne transforme pas un criminel en un véritable être humain.

Un criminel est un criminel en particulier s’il refuse de faire face à ses crimes et s’il refuse de présenter des excuses à ses victimes. Inutile de dire, Pérès n’a fait ni l’un ni l’autre.

Mais les criminels ne sont pas préoccupés par leurs péchés.

Une femme âgée israélienne interrogée par le journal Ha’aretz s’en est prise au Hezbollah pour avoir refusé jusqu’au dernier moment de dire si les deux prisonniers israéliens étaient morts ou vivants.

«C’est le jour le plus triste pour Israël. Ils nus fait attendre jusqu’à la dernière seconde pour apprendre le sort de nos fils”, a dit la femme selon le journal.

Je comprends certainement cette femme au niveau personnel. Toutefois, je voudrais demander à cette dame juive pourquoi elle estime que des vies juives auraient plus de valeur que des vies non-juives?

Je voudrais également lui demander ce qu’elle dirait aux mères, aux familles et aux proches des milliers de prisonniers arabes qui ont croupi dans les obscurs donjons souterrains d’Israël depuis 1967?

Nous parlons de prisonniers de guerre et de disparus au combat et d’autres gens ordinaires dont les familles n’ont aucun moyen de savoir si s’ils sont morts ou vivants. Ces “prisonniers oubliés” ne sont-ils pas aussi des êtres humains, trop? Sont-ils les enfants d’un moindre Dieu?

Malheureusement, la plupart des Israéliens, totalement égocentriques, n’aiment pas qu’on leur pose ce genre de questions de peur d’étaler leurs complexes de supériorité et leur psychose collective.

En fin de compte, le dernier échange montre qu’Israël ne comprend que la langue de la Realpolitik froide qui est, par définition immoral et coercitive.

Pour les Palestiniens, qui ont plus de 10 000 de leurs être chers croupissant dans des camps de concentration israéliens, le message est très clair: si vous souhaitez obtenir qu’Israël libère les vôtres, prenez des otages israéliens et échangez-les contre des prisonniers palestiniens.

Source : palestinethinktank.com

Traduit par Fausto Giudice qui est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

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