Il est bon de savoir reconnaître ses erreurs. Or, dans les colonnes de Geostrategie.com, nous confessions que nous n’avons guère versé de larmes sur le sort funeste du Représentant spécial de l’Onu à Bagdad, Sergio Vierira de Mello, mort dans l’attentat à la voiture piégée visant le QG du “machin” à Bagdad. Non d’ailleurs par une particulière hostilité envers l’homme, mais davantage vis-à-vis de l’instance qu’il représentait : l’Onu. le “machin” par le blocus génocidaire qu’il a reconduit, pendant plus d’une décade, contre la population civile irakienne étant moralement responsable de la mort de 1 700 000 (estimation haute) de civils innocents. Soit 400 000 de plus qu’Hitler à Auschwitz, si je me fie au chiffre (1 400 000) de la plaque devant laquelle s’était incliné le Premier ministre israélien d’alors, Binyamin Netanyahu, lors de sa visite. Pas de quoi pavoiser, donc…
Or, si j’en crois votre Canard Enchaîné, du moins l’écrit-il dans son édition du 9 juin 2004, Sergio Vierira de Mello, dès le 17 juillet 2003, aurait remis à Kofi Annan et au Conseil de Sécurité un rapport accablant sur les conditions de détention dans les prisons irakiennes dans lequel il rappelait à Bremer (le Gauleiter de l’occupant) l’obligation de respecter intégralement le droit international, en particulier les Conventions de Genève de 1949 et le Règlement de La Haye de 1907.
Du coup, Kofi Annan s’était lui-même senti obligé, dans son Rapport § 47, de reprendre à son compte les préoccupations ô combien alarmantes de Sergio de Mello :
" Des Irakiens qui ont approché mon Représentant spécial… se sont dits préoccupés du traitement réservé à ces détenus et de leurs conditions de détention et ont fait valoir que le droit international humanitaire dispose que les détenus doivent être traités avec humanité (…). Le 15 juillet, il [le représentant] a eu un entretien avec MM Bremer et Sawers au cours duquel il a exprimé sa préoccupation face au traitement des détenus… ".
Sans raison avec ce qui précède, note Le Canard, de Mello et 22 salariés de l’Onu étaient victimes d’un attentat à Bagdad, un mois plus tard.
On se rappellera que, sans autre forme de procès, les Forces d’occupation de l’Axe Atlantique avaient, alors, attribué cette action à… Al-Qaïda. Sans bien sûr avancer la plus petite preuve à cette assertion.
À l’évidence, la bombe qui a tué de Mello et ses collaborateurs, a surtout débarrassé l’occupant d’un représentant qui commençait à devenir gênant.
Vous me direz : " on ne prête qu’aux riches ! ".
Of Course, mais le devoir d’une force d’occupation, celle de l’Axe Atlantique en Irak comme les autres, n’est-il pas de protéger les biens et les personnes placées, de gré ou de force, sous son égide.
Du moins sont-ce le droit et les conventions internationales qui le disent.
Pas l’occupant, en revanche !
Je soumets, effet, à votre sagacité ces propos, ô combien édifiants, du général Thomas Metz (pas vraiment de la " petite bière ", puisque commandant adjoint des forces de la coalition),qui, pas plus tard que le 27 juin a indiqué que l’armée US " assurera la protection du Premier ministre, du président et des deux vice-présidents ", mais qu’elle ne pourra pas assurer celle de chaque dirigeant en Irak . " Nous le ferons pour ceux, de premier plan, que nous estimons devoir protéger ", avait déclaré cet " homme respectable ".
Pour le moins, Sergio Vierira de Mello et ceux de ses collaborateurs tombés avec lui n’ont pas eu cette chance…