Amnesty dénonce les conditions de vie déplorables des Palestiniens au Liban
Dans un rapport publié hier, Amnesty International a appelé le Liban à mettre fin à la « discrimination systématique » dont souffrent les réfugiés palestiniens. L’organisation a souligné les conditions de vie « déplorables » dans les 12 camps de réfugiés au Liban, causées selon elle par « la surpopulation et l’insuffisance des infrastructures ».
«Ils vivent dans la misère, sans espoir d’améliorer leur vie quotidienne ou de rentrer à leur pays d’origine », déclare à l’AFP le coauteur du rapport Mein Sammonds. Dans le camp de Bourj el-Brajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, « la densité au kilomètre carré est plus élevée qu’à Hong Kong ou à Bombay », lit-on dans le rapport.
« La superficie des terrains alloués aux camps n’a pratiquement pas changé depuis 1948, malgré l’augmentation du nombre de réfugiés qui est passé de 100 000 en 1949 à 400 000 actuellement », selon Amnesty, qui précise toutefois que 100 000 d’entre eux ont probablement quitté le Liban pour gagner leur vie ailleurs.
Critiquant ce qu’elle appelle la « ghettoïsation » des Palestiniens, l’organisation indique que ceux-ci sont exclus de 20 professions et du droit de propriété de biens immobiliers et ne peuvent pas accéder à la sécurité sociale et aux services médicaux de l’État. Malgré la levée de l’interdiction sur 50 professions, « l’obtention d’un permis de travail reste limitée, car il coûte des centaines de dollars », déplore M. Sammonds. « En 2006, seuls 39 réfugiés palestiniens ont obtenu un permis de travail, ce qui représente un chiffre risible comparé aux milliers de Palestiniens vivant dans la misère », ajoute-t-il.
L’organisation salue toutefois l’attitude du gouvernement de Fouad Siniora à l’égard des réfugiés, notamment après les combats de Nahr el-Bared.