Juifs de France", "Juifs-français", "Français-Juifs" ? Et pourquoi pas tout simplement "Français" ?
Les articles parus dans Le Monde du 29 décembre 2003 écrit par les "sept piliers" (heureusement qu'ils sont sept pour arriver à tenir !…), et la réponse de Serge Klarsfeld du 6 janvier 2004, m'interpellent.
Je ne comprends pas très bien cette volonté de vouloir se différencier du peuple "Français" en se qualifiant de "Juifs de France", "Juifs-français" ou "Français-Juifs", termes qui n'ont aucun sens en ce qui me concerne.
Me viendrait-il à l'esprit de me qualifier de "Français-agnostique", parce que ma religion est "universelle", et que je change mon idole préférée, mon PC, tous les six mois ?
Me viendrait-il également à l'esprit de me qualifier de "franco-russe" parce que je suis à consommer sans modération (uniquement par la gente féminine, SVP, merci…) ?
La mère de ma fille adoptive, qui est de confession juive, est tout simplement "française" et personne ne remarquerait le contraire, d'autant que son nom de famille est certainement encore plus français que le mien puisqu'il remonte aux premiers Rois de France ! Idem de mes autres ami(e)s qui ne revendiquent jamais ces qualificatifs exclusifs communautaristes !
Tout comme jamais je n'ai entendu de la part de mes amis musulmans ou arabes, l'expression "français-musulmans" ou "français-arabes".
De même que mes amis de confession juive et moi-même, nous nous reconnaissons totalement dans le discours très courageux de Richard Wagman, président de l'Union juive française pour la paix, en réponse à Alain Finkelkraut et ses six autres amis sionistes.
Allons-nous assister, comme à Manhattan, à ce vent d'insurrection qui souffle sur la communauté juive de New York, avec une nouvelle génération de juifs politiquement incorrects, " les nouveaux superjuifs ", comme les a baptisés le magazine Time Out, qui boivent de la bière "He'brew" et surfent sur le site "Jewcy" ?
Ce qui m'interpelle également, pour ne pas exprimer mon agacement, c'est lorsque Arno Karlsfeld, le fils de Serge et Beate Karlsfeld, part faire son service militaire en Israël, à grand renfort de publicité de la part des sites internet sionistes.
Si Monsieur Arno Karlsfeld a des problèmes de "double loyauté", qu'il l'exprime clairement en rendant son passeport français et en allant faire son Alya en Israël.
Il me rappelle Bernard Benayoun, un ancien collègue de travail, qui lors d'un dîner chez lui, me disait " Je suis français par le passeport ! ".
Ou encore, la phrase de Dominique Strauss-Kahn, lors d'un entretien dans La Vie du 11 avril 1991 :
" Je considère que tout juif de la diaspora et donc de France, doit partout où il peut apporter son aide à Israël.
" C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme dans ma vie de tous les jours, à travers l'ensemble de mes actions, j'essaie d'apporter ma modeste pierre à la construction d'Israël ".
J'aimerais très clairement savoir :
- dans quel camp seraient Arno Karlsfeld ou Dominique Strauss-Kahn, en cas d'un scénario de guerre entre la France et Israël, scénario tout aussi improbable qu'aurait pu l'être une guerre entre la France et l'Allemagne dans les années 1920... ;
- pourquoi aucune voix d'homme politique ne s'est élevé pour dénoncer le fait qu'un "Français" aille faire son service militaire dans un autre pays ?
Est-ce une situation normale ? Que dirait-on si j'allais faire mon service militaire chez les Russes ?
Peut-être que la seule différence entre Arno Karlsfeld, Dominique Strauss-Kahn et moi-même réside dans le fait qu'en cas de guerre entre la France et la Russie ou, entre la France et Israël, je sais parfaitement où serait mon camp, c'est à dire celui de mon pays dont j'ai le passeport, et aucun autre : la France !
Du reste, il serait temps de faire le ménage entre ces doubles nationalités qui sont, me semble-t-il, inacceptables. Ou alors, remplaçons les passeports des différents pays par un seul passeport : "universel" !
Lorsque Alain Finkielkraut et ses amis sionistes écrivent " la difficulté dans notre pays de s'entendre entre juifs et non-juifs ", ou encore, je les cite " de juifs éprouvant un sentiment d'étrangeté parmi leurs concitoyens, non-juifs choqués de voir des juifs de ce pays en arriver à se définir en face des Français, voire contre eux ", ils ne parlent que pour eux ou le ghetto dans lequel ils se sont enfermés, tout comme Israël a recréé un ghetto avec le "mur de la honte" qui nous renvoie aux heures les plus sombres de l'histoire.
Lorsque je suis avec mes amis de confession juive, orthodoxe, musulmane ou tout simplement agnostique comme moi-même, nous n'avons jamais de problème à nous entendre, puisque nous sommes avant tout universels et, passez-moi le terme, "nous n'en avons rien à f…" de nos religions lorsque nous sommes ensemble !
Lorsque Alain Finkielkraut et ses amis, écrivent encore :
" D'abord reconnaître l'objet du malaise à travers ses manifestations : - l'antisémitisme répandu dans une partie de l'immigration maghrébine, l'islamoprogressisme qui le couve plus ou moins et l'aveuglement devant ces phénomènes, longtemps niés, ou jugés comme exprimant une solidarité légitime avec les Palestiniens ; - la rupture entre les juifs et les non-juifs sur le conflit israélo-palestinien depuis l'échec du "processus d'Oslo" et l'enlisement dans la guerre, l'incompréhension de la presse et de l'opinion devant certains aspects importants de la situation d'Israël : difficulté de faire accéder le peuple juif à l'existence politique, péril d'être entouré de nations qui contestent radicalement son existence ".
Je les invite à œuvrer :
- vers la reconnaissance par l'État d'Israël du peuple palestinien qui souffre depuis bientôt 60 ans d'un véritable nettoyage ethnique ;
- de faire en sorte qu'Israël devienne une véritable démocratie – contrairement à ce qu'affirme la propagande sioniste génocidaire – afin que le peuple palestinien ne soit plus traité comme un peuple de "seconde classe" qui là encore, nous renvoie au pire cauchemar de notre histoire.
Lorsque, je cite toujours le même article du Monde :
" ''Tout m'agresse'', disait à un journaliste un jeune de la rue des Rosiers au printemps dernier " je conseillerai plutôt à cette personne d'aller voir un psychiatre, s'il souffre d'un trouble obsessionnel de la persécution !
Il en va de même lorsque je lis :
" Chaque fois, les juifs ont eu l'impression d'être à part, de ne pas comprendre et de n'être pas entendus, d'être même stigmatisés, refoulés dans un ghetto moral ".
Je commence alors véritablement à m'inquiéter sérieusement, en me demandant s'il ne risque pas d'y avoir une pénurie de "psys" pour soigner tous ces gens " atteints de troubles cliniques ", à moins qu'il ne s'agisse, une fois de plus, de propagande !
Alors que veulent dire ces termes " exclusifs, d'exclusion de notre société " ?
Est-ce une référence à ce mythe "du peuple élu" ? (Par qui, comment, et dans quelles conditions ?), qui se veut exclusif au point de vouloir s'exclure des sociétés et des États dans lesquels ils vivent ?
Ces mêmes personnes qui font référence à la notion de religion sont les mêmes qui sont de véritable antisémites car ils soutiennent un régime raciste et fasciste qui pratique un génocide à l'encontre d'un autre peuple sémite : les Palestiniens, ce qui sous entend de plus un "fratricide".
Je mets en garde les "pseudos-intellectuels" qui attisent les flammes de la haine et je leur conseille, dans l'état actuel des choses de mettre de l'eau dans leur vin et de se faire plus discrets, à moins que leurs discours ne se veulent propagandistes pour raviver l'antisémitisme, afin de favoriser l'Alya et faire le jeu de la propagande sioniste.
"Attention !", vous dis-je, car aujourd'hui, nous vous regardons et nous communiquons plus rapidement grâce à un outil fabuleux qui s'appelle Internet, qui nous permet de contacter quelques millions de personnes en très peu de temps, qui relaient eux-mêmes en "pyramide" nos messages, ce qui n'était pas le cas lorsqu'il fallait passer – il y a de cela quelques années – par les médias traditionnels, auxquels nous n'avions pas accès.
Quand allons-nous cesser de parler de religion pour ne parler que de fraternité, de solidarité, de justice et de Paix, sur cette terre où nous ne sommes que de passage ?