Des sites sionistes d'extrême droite lançaient le 5 novembre une violente campagne de propagande contre moi-même, Ginette Skandrani, Bernard Cornut et Mohammed Latrèche, des militants et des composantes du réseau Palestine et de la communauté arabo musulmane. Cette propagande vise à notre diabolisation, nous serions le nouvel axe du mal, on nous accuse d'antisémitisme et d'incitation au terrorisme.
C'est l'heure d'un premier bilan des conséquences de cette campagne. Elle provoquait généralement deux types de réactions.
Des militants et des associations exprimaient spontanément leur solidarité inconditionnelle, comme nous manifestions notre solidarité en faveur de la CAPJPO au mois d'août 2002, comme nous manifestions notre solidarité pour le journaliste Daniel Mermet quand les sionistes l'attaquaient en justice, comme nous manifestions toujours notre solidarité inconditionnelle pour tous les militants et toutes les associations du réseau Palestine contre les sionistes. Je les en remercie.
D'autres militants et d'autres associations faisaient le choix inverse. Le 2 décembre, la coordination des collectifs Palestine Ile de France organisait un procès stalinien contre moi dont les pièces du dossier d'accusation étaient les documents des sites sionistes d'extrême droite et décidait mon exclusion.
La coordination des collectifs Palestine Ile de France connaissait au fil des semaines une double évolution positive et négative. Le positif était la place de plus en plus importante de la coordination Palestine dans l'organisation des initiatives de solidarité pour la Palestine. Le négatif était le noyautage, l'entrisme, l'infiltration et la récupération de la coordination Palestine par la LCR. Il ne s'agit pas du tout d'un problème personnel, c'est un problème totalement politique, la stratégie de la LCR est une stratégie d'instrumentalisation du mouvement social, d'introduction de clivages politiques et de règlements de comptes de politique intérieure française à l'intérieur du réseau Palestine. La coordination Palestine est une association de fait de collectifs de fait. La coordination Palestine n'est pas une association loi 1901. Elle n'a pas d'adhérents individuels. L'exclusion d'un représentant d'un collectif n'a pas de sens.
Cette étape, des précisions relatives aux sites sionistes d'extrême droite sont nécessaires. Le document de base est le document du site Proche-Orient.info d'Elisabeth Chemla. Le site Amnestia.net de Didier Daenninckx cite abondamment le site Proche-Orient.info. Le site Amnestia.net est indisponible depuis le 7 décembre. Cela serait-il la conséquence de la révélation des relations entre les deux sites ? Un troisième site, aipj.net, cite intégralement le document de Proche-Orient.info. aipj.net est encore plus réactionnaire, il prend position ouvertement contre l'islamisation de la France et pour les thèmes classiques de l'extrême droite française.
Je faisais des copies de ces documents Internet et je diffusais en même temps ma lettre du 3 décembre et les copies de ces documents.
Par la diffusion de ces copies, par cette stratégie de défense, je prenais des risques, je leur faisais de la publicité, mais c'était la seule stratégie de défense dans la mesure où ils étaient les seules pièces du dossier d'accusation.
Ces documents Internet sont des faux en totalité et je porterai plainte contre eux. Plus exactement, ce sont des faux à 99 % et ils interviennent dans des circonstances dans lesquelles ils invalident et ils inversent le sens du 1 % de vrai.
Je prendrais seulement deux exemples, un exemple relatif au contenu et un exemple relatif à la question des organisateurs, des intervenants, des participants et des non participants à la réunion publique du 26 octobre.
Ainsi, dans le document de Proche-Orient.info, il y a dix mots de vrai quand il cite mon intervention selon laquelle " il y a de la place pour tout le monde " dans les manifestations contre la guerre et pour la Palestine. Cela dit, pour le rédacteur anonyme du document (Azzedine Khalef n'existe pas, c'est un pseudonyme, c'est une image virtuelle), la totalité des participants seraient des révisionnistes et des islamistes, et il y aurait donc de la place pour les révisionnistes et les islamistes dans les manifestations contre la guerre et pour la Palestine.
Le deuxième exemple est relatif à la question des organisateurs, des intervenants, des participants et des non participants à la réunion publique du 26 octobre.
Je me souviens d'une époque où la précision de ses informateurs faisait la force du lobby sioniste. Apparemment, ils ont maintenant des problèmes de compétence professionnelle.
Le seul organisateur de la réunion publique était donc le Parti des musulmans de France. Les organisateurs de cette réunion publique n'étaient ni moi-même, ni les révisionnistes, ni les islamistes, ni personne d'autre. C'était une réunion publique dont le thème était Quelles réponses à la croisade de Bush, ce n'était pas une réunion interne du Parti des musulmans de France.
Le Parti des musulmans de France n'est pas un parti antisémite, ni révisionniste, ni islamiste, ce n'est même pas un parti religieux, c'est un parti laïc, selon sa charte constitutive.
Quand à la religion, depuis quand une organisation religieuse est-elle forcément une organisation d'extrême droite ? L'une des plus importantes organisations de la plate-forme des ONG françaises pour la Palestine est le Comité catholique contre la faim et pour le développement. Le Vatican prend position clairement pour la Palestine et contre la guerre, pour l'application des résolutions de l'Onu. Où est le problème ?
Une seule organisation, le parti des musulmans de France, participait à la réunion comme organisation. La totalité des intervenants à la tribune et dans la salle intervenaient à titre personnel, Ginette Skandrani, militante de l'association La Pierre et l'Olivier, n'intervenait pas comme représentante de son association, elle intervenait à titre personnel, elle n'avait pas de mandat de son association, elle n'en avait pas besoin, Bernard Cornut, président de la Coordination pour la levée de l'embargo contre l'Irak, n'intervenait pas comme représentant de son association, il intervenait à titre personnel, je n'intervenais pas comme représentant de la Voordination des collectifs Palestine Île-de-France, encore moins comme son président, ni d'aucune autre association, j'intervenais à titre personnel.
Il n'y avait pas de co-organisation de cette réunion publique par aucune autre association.
Le tract d'invitation à la réunion publique annonçait le nom de l'association organisatrice, le thème, la date, l'heure et le lieu de la réunion. Elle n'annonçait pas le nom d'aucun orateur. J'attends tranquillement la fabrication demain par le lobby sioniste d'une fausse invitation à cette réunion publique laquelle mentionnerait une liste d'orateurs.
En trente ans de vie militante, je portais la contradiction dans des milliers de réunions publiques, depuis deux ans, je portais la contradiction dans des dizaines de réunions publiques pour la Palestine et le terrorisme intellectuel du lobby sioniste ne changera pas mon engagement politique.
Ma participation récente à une autre réunion publique échappait apparemment au lobby sioniste. C'était le 11 septembre 2002 à l'AGECA. Il s'agissait d'une réunion publique à l'initiative de l'association des Amitiés franco irakiennes sous la présidence de Gilles Munier, secrétaire général de l'association des Amitiés franco irakiennes. Le lobby sioniste mène depuis des années une campagne de propagande contre Gilles Munier selon laquelle il serait un militant d'extrême droite. Le 11 septembre à l'AGECA, il y avait 70 participants dont, dans l'ordre alphabétique, Souleiman Abou Odeh, Ahmed Bouzid, Alice Bsereni, Bernard Cornut, Amaury Couderc, Louis Jean Duclos, Robert Duguet, Patrick Farbiaz, Bernard Fischer, Xavière Jardez, Roland Laffitte, Patricia Latour, Mohammed Latreche, Thierry Meyssan, Gilles Munier, Jean Sanchez, Monder Sfar, Ginette Skandrani, Sobhi Toma et Yves Vargas. Pour le lobby sioniste, tous ces militants et responsables d'associations seraient certainement des antisémites, des révisionnistes et des islamistes.
Depuis deux ans, le Parti des musulmans de France organisait des manifestations de solidarité pour la Palestine à Strasbourg comme d'autres organisations en organisaient à Paris. A Strasbourg comme à Paris, le lobby sioniste portait plainte contre les organisateurs de ces manifestations sous le prétexte selon lequel il y aurait des mots d'ordre antisémites dans ces manifestations. A Strasbourg comme à Paris, aucune de ces plaintes n'aboutissait jamais.
Le 26 octobre, il y avait donc quatre personnes physiques à la tribune. Je connaissais bien trois d'entre elles. Il y avait Mohammed Latrèche, le président du Parti des musulmans de France, Ginette Skandrani et Bernard Cornut, deux militants parisiens de gauche et d'extrême-gauche depuis vingt et trente ans.
Il y avait une quatrième personne dont le nom est Serge Thion. Je ne connaissais pas Serge Thion, je ne le voyais jamais dans ma vie, je ne le connais toujours pas, il ne m'intéresse pas, mes accusateurs le connaissent apparemment très bien, on le présente généralement comme un révisionniste, c'est sa réputation. Je combats le révisionnisme en général, c'est un combat politique, je ne discuterai pas la réputation de Serge Thion, il y a des tribunaux pour cela.
Lisez attentivement le document de Proche-Orient.info et enlevez tous les passages relatifs à Serge Thion. Du point de vue de la technique de fabrication du faux, vous obtenez le même document et les mêmes conséquences.
Je participais à cette réunion publique, j'arrivais après le début de la réunion, je restais une demi-heure, je partais avant la fin.
Je suis un militant laïc et anti-raciste. Je suis aussi un militant anti-impérialiste, anti-colonialiste et anti-sioniste. Le sionisme est une idéologie raciste et confessionnelle. Dans le réseau Palestine, des militants présentent le sionisme comme une idéologie progressiste. Dans toutes les manifestations pour la Palestine et pour tous les Palestiniens en Palestine et dans le monde entier, les sionistes sont des fascistes et des terroristes. Des militants et des associations du réseau Palestine ne partagent pas ce mot d'ordre.
Les tentatives de division des sionistes à l'intérieur du mouvement anti-guerre continueront. Elles sont autant de tentatives de censure de ces questions.